Thèse soutenue

Codage neuronal et coût métabolique de l'information

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Auteur / Autrice : Tomáš Bárta
Direction : Philippe LucasLubomir Kostal
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Neurosciences
Date : Soutenance le 31/05/2023
Etablissement(s) : Sorbonne université en cotutelle avec Univerzita Karlova (Prague)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Cerveau, cognition, comportement (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris (1997-....)
Jury : Président / Présidente : Stepan Svacina
Examinateurs / Examinatrices : Petr Marsalek, Matthieu Dacher, Barbara Zitova
Rapporteurs / Rapporteuses : Thomas Nowotny, Dominique Martinez
DOI : 10.70675/aa7ade42z4dc9z4180z86d4zd42a9ae7b95e

Résumé

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Pour la plupart des neurones, l'information qu'ils transmettent est contenue dans le décours temporel d’émission de leurs impulsions électriques, appelées potentiels d'action. On ne sait pas encore bien décrypter ce ''code neuronal''. L'hypothèse du codage efficace propose que, sous l'effet de la pression évolutive, les systèmes sensoriels ont évolué pour transmettre et traiter l'information de la manière la plus efficace possible. Toutefois, la notion d'efficacité semble varier selon les systèmes sensoriels. Les neurones corticaux maintiennent une faible fréquence d'émission de potentiels d’action pour minimiser les dépenses métaboliques. Il en va de même pour les neurones récepteurs olfactifs des insectes (NRO, première couche du système olfactif). Les neurones du lobe antennaire des insectes (deuxième couche du système olfactif), en revanche, utilisent pleinement la gamme possible d’activité d’émission de potentiels d’action pour optimiser le codage olfactif. Dans ma thèse, j'ai étudié comment des neurones corticaux uniques et leurs populations peuvent transmettre et traiter des informations, tout en maintenant des dépenses métaboliques faibles, et aussi comment le système olfactif des insectes encode les informations sur les odeurs détectées dans l'air. Dans la partie de ma thèse consacrée à la transmission métabolique efficace de l'information, j’ai principalement analysé la contribution des neurones inhibiteurs. En généralisant ces résultats à un réseau de neurones récurrents, j'ai illustré comment la variabilité d'un essai à l'autre peut diminuer avec l'apparition d'un stimulus, un phénomène connu sous le nom de ''neural variability quenching'' (atténuation de la variabilité neuronale). Toutefois, une analyse théorique de l'information a montré que l'apport des neurones inhibiteurs sous la forme d'une rétroaction inhibitrice lors de l'apparition d'un stimulus n’améliore significativement la transmission métabolique efficace de l'information que si cette information est transmise par une population de neurones connectés de manière récurrente, plutôt que par un seul neurone. Pour comprendre les principes généraux régissant le codage neuronal, je me suis ensuite focalisé sur l'activité neuronale du système olfactif des insectes. J'ai analysé les potentiels de champ locaux (LFP) et l'activité d’émission de potentiels d’action de NRO d'insectes stimulés avec un nouveau dispositif capable de délivrer des stimuli temporellement précis. L’utilisation de ce stimulateur a permis de démontrer que les NRO des papillons de nuit encodent mieux la durée du stimulus que ce qui était admis jusqu'à présent. Les propriétés des NRO de papillon de nuit se sont révélées très similaires à celles de la majorité des NRO de drosophile, ce qui permet d'unifier les recherches sur ces espèces. En utilisant les enregistrements des LFP, j'ai construit un modèle minimal du NRO du papillon de nuit qui décrit de manière fiable l'activité d’émission de potentiels d’action tout en utilisant seulement quelques paramètres interprétables. Un modèle simple et transférable, capable de décrire la réponse des NRO, est essentiel pour construire un modèle intégratif du système olfactif des insectes. Un tel modèle pourra être utilisé pour étudier l'efficacité métabolique du codage de l'information par l'ensemble du système olfactif et analyser si, dans certaines conditions, les taux d'excitation élevés des neurones du lobe antennaire favorisent réellement cette efficacité. Les résultats de ma thèse constituent donc un pas en avant vers la compréhension des principes généraux régissant le code neuronal.