Thèse soutenue

Reel Slavery Hollywood et les mémoires cinématographiques de l’esclavage américain (1903-2013)

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Auteur / Autrice : Antoine Guegan
Direction : Marc Cerisuelo
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Arts
Date : Soutenance le 03/06/2023
Etablissement(s) : Paris Est
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche Littératures, savoirs et arts (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) - Centre de recherche Littératures, savoirs et arts (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne)
Jury : Président / Présidente : Christian Delage
Examinateurs / Examinatrices : Marc Cerisuelo, Sarah Hatchuel, Katalin Pór, Michaël Roy, Paul McEwan
Rapporteurs / Rapporteuses : Sarah Hatchuel, Katalin Pór

Résumé

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Cette thèse se propose d’étudier la représentation de l’esclavage dans le cinéma hollywoodien depuis le premier film muet en 1903, une adaptation de Uncle Tom’s Cabin par Edwin S. Porter, jusqu’en 2013 avec 12 Years a Slave de Steve McQueen. Bien que la question de l’esclavage et de ses représentations aient été étudiées dans de nombreux d’ouvrages et articles, une telle étude dans le temps long, aussi bien dans le champ universitaire qu’anglophone, est inédite. En utilisant des méthodes de l’histoire culturelle aussi bien que des études filmiques, ce travail transdisciplinaire permet de saisir dans sa plus grande justesse la façon dont différentes mémoires cinématographiques se sont construites dans l’imaginaire hollywoodien. Parler des mémoires cinématographiques au pluriel permet de souligner la pluralité des visions de l’esclavage offertes par le cinéma hollywoodien parfois au cours d’une même période. Bien que, dans un premier temps, la production de films sur l’esclavage s’ancre majoritairement dans l’héritage des idéaux de la Cause perdue (The Birth of a Nation [David Wark Griffith, 1915] et Gone With the Wind [Victor Fleming, 1939]), à la même période, des longs-métrages proposent une critique de l’esclavage ( Slave Ship [Tay Garnett, 1937] ou Way Down South [Leslie Goodwins, Bernard Vorhaus, 1939]). Au fil des ans, afin de dénoncer une vision idéalisée encore dominante, des réalisateurs s’engagent pour faire transparaître une autre mémoire de l’esclavage qu’ils estiment plus fidèle et plus juste. Pour y parvenir, les cinéastes construisent leur réflexion par rapport aux films les ayant précédés et peuvent ainsi reprendre certaines images marquantes, que ce soit pour les dénoncer ou, au contraire, les célébrer. Dépassant leur rôle de réalisateurs, ces femmes et ces hommes s’affirment en historiens désireux de faire éclore leur vérité sur cette page de l’histoire. En définitive, cette réflexion ne se présente pas comme une histoire de l’esclavage à partir du cinéma mais une étude sur la façon dont des mémoires spécifiquement cinématographiques de l’esclavage se sont construites indépendamment de l'évolution de l'historiographie et de la place de l'esclavage dans la mémoire nationale et collective