A theory of zones : conceptualizing space in the planetary era

par Jeanne Etelain

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Anne Sauvagnargues et de Emily S. Apter.


  • Résumé

    Ma thèse est une enquête philosophique de la zone dans la pensée occidentale. Le terme s’est inscrit au cœur de l’expérience contemporaine : il prolifère dans le langage courant, dans les discours scientifiques, dans les productions artistiques, dans les pratiques politiques. Alors que le « lieu » ou le « territoire » ont fait l’objet d’analyses précises dans le cadre du tournant spatial des humanités et sciences sociales, la zone semble résister à toute tentative de définition et se caractériser par son indétermination même. Je proposer de mener l’enquête à travers une analyse transversale des usages de la zone, appuyée sur un travail d’épistémologie historique et de création conceptuelle. La thèse est composée de trois parties : une analyse de la figure de la Zone dans le film Stalker d’Andrei Tarkovski ; une analyse de la théorie des zones érogènes dans la psychanalyse ; une analyse de la notion de zone dans l’histoire de la géographie. M’appuyant sur un cadre théorique construit à partir de la philosophie française contemporaine, je soutiens que le concept intervient dès que l’espace—qu’il soit physique, corporel ou terrestre—se présente comme une multiplicité substantielle. Cette recherche s’inscrit dans l’effort actuel de repenser les concepts métaphysiques clés de la modernité occidentale à l’ère de l’Anthropocène, en se concentrant sur l’espace, et la zone opère dans mon usage comme catalyseur du tournant planétaire de la pensée contemporaine. Je considère en outre que la zone est plus qu’un objet de recherche ou un champ sémantique à explorer et soutiens qu’elle est porteuse d’une importante dimension épistémologique dans la mesure où le problème de l’espace engage avec lui la question même de ce que signifie penser—ce que j’appelle la zone comme méthode.

  • Titre traduit

    Une philosophie de la zone : conceptualiser l'espace à l'ère planétaire


  • Résumé

    My dissertation is a philosophical inquiry into the zone in Western thought. The term has become part of contemporary experience: it proliferates in everyday language, in scientific discourses, in artistic productions, in political practices. While scholars have conducted careful analyses of the concepts of “place” and “territory” as part of the spatial turn of the humanities and social sciences, the zone seems to resist any univocal definition and is even characterized by its very indeterminacy. As such, I offer an investigation through a transversal and comparative examination of the uses of the zone, combining a work of historical epistemology and conceptual creation. The dissertation comprises three parts: an analysis of the figure of the Zone in Andrei Tarkovsky’s film Stalker, an analysis of the theory of erogenous zones in psychoanalysis, and an analysis of the notion of zone in the history of geography. Drawing on a theoretical framework constructed from contemporary French philosophy, I argue that the concept is deployed whenever space—be it physical, corporeal, or terrestrial—presents itself as a substantial multiplicity. This research partakes in the current effort to rethink key metaphysical categories of Western modernity in the Anthropocene era, focusing on the question of space, and the zone operates in my ascription as a catalyst for planetary thinking. I further consider the zone to be more than a research object or semantic field and argue that it carries an important epistemological, even noological, dimension, insofar as the problem of space engages the problem of what it means to think—what I call the zone as a method.

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