Thèse soutenue

Passages de voix, essai d'anthropologie poétique, à partir des œuvres de Stéphane Bouquet, Christophe Manon et Frank Smith

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Auteur / Autrice : Frédérique Cosnier
Direction : Serge Martin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature et civilisation françaises
Date : Soutenance le 09/06/2023
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris)
Jury : Président / Présidente : Magali Nachtergael
Examinateurs / Examinatrices : Serge Martin, Magali Nachtergael, Martine Créac'h, Freiderikos Valetopoulos, Aurélie Loiseleur-Foglia
Rapporteurs / Rapporteuses : Martine Créac'h, Freiderikos Valetopoulos

Résumé

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Entrer dans les poèmes par le concept de voix, c’est s’engager dans une poétique de l’écoute au plus près des corps : corps écrivant, oralisant, performant, traduisant, corps du lecteur, du spectateur. Dès lors qu’on entreprend de déconstruire la métaphore de la voix et d’en observer les modalités de passage, on révèle les liens décisifs qui existent entre le langage comme force physique et la poétique comme éthique et politique. Le concept de passage de voix produit des leviers critiques qui impliquent d’autres déconstructions, rebattant les cartes de nombreux dualismes qui empêchent le plus souvent d’apercevoir l’activité relationnelle du langage, au premier rang desquels l’opposition entre oral et écrit. Envisager les voix non telles des signatures, comme le font souvent la stylistique ou l’histoire littéraire, mais comme des processus, c’est écouter des rythmes de subjectivations dont l’énergie se déploie depuis la vie énonciative du langage, avec leur valeur transformatrice voire émancipatrice. Cela implique des découvertes sur notre conception des lieux et de la temporalité, non comme des catégories thématiques ou ontologiques mais anthropologiques. Questionnant des textes théoriques ayant à cœur d’explorer les enjeux conceptuels de la voix, du rythme, du sujet (Meschonnic, Martin, Rabaté, Dessons, Bernadet), et en s’appuyant sur un corpus principal composé des œuvres protéiformes des poètes français contemporains Stéphane Bouquet, Christophe Manon et Frank Smith (textes, performances, vidéos), la thèse explore trois grandes modalités des passages de voix, en définit les enjeux et les effets : mouvements de diffraction, de spatialisation, de présentation.