Thèse soutenue

Lea Lublin : architecte de l'information

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Auteur / Autrice : Hélène Gheysens
Direction : Pascal Rousseau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance le 12/05/2023
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Histoire de l'art (Paris ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Histoire culturelle et sociale de l'art (Paris ; 2006-....)
Jury : Président / Présidente : Elvan Zabunyan
Examinateurs / Examinatrices : Pascal Rousseau, Marcella Lista, Andrea Giunta
Rapporteurs / Rapporteuses : Arnauld Pierre

Résumé

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Léa Lublin (1929 - 1999) a développé une œuvre plastique polymorphe entre la France et l'Argentine, au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Formée aux arts alors que se déploient largement, dans le cadre de la guerre froide, la publicité et la propagande, elle a très tôt conscience du rôle de la culture dans la fabrique et le développement des idéologies. Inspirée par le surréalisme et l’expérience cubaine, elle souhaite donner à l’art, parfois confondu avec la vie, un rôle politique et social révolutionnaire. Elle expérimente différentes pratiques avec l’objectif de mobiliser les regardeurs, avant de s’engager résolument vers la création d’espaces propices à la pensée critique. Elle déploie ainsi un « pop » puis un « conceptualisme » idéologiques qui se caractérisent par leur proximité avec le marxisme, tout en ne s’alignant jamais avec le réalisme socialiste, et la cybernétique. Elle s’engage ensuite dans une contestation systématique des images à l’aide des sciences humaines et sociales, en utilisant la psychanalyse comme mode de déconstruction des présupposés jugés sclérosants de la pensée. Ses dialogues avec les intellectuels, en particulier Oscar Masotta, Eliseo Verón, Roland Barthes, Philippe Sollers, Julia Kristeva et Jacques Lacan, sont déterminants. Elle développe au fil du temps une attention aux modes de médiation qui invite à penser ses œuvres non comme objets mais comme interactions. Plutôt qu’une esthétique, Léa Lublin défend, en pionnière, une pratique artistique de l’éthique interactionnelle, qu’elle a voulue non autoritaire, et qui a pour vocation de s’incarner dans un espace commun de circulation et de communication.