Thèse soutenue

L’esthétique de l’intermédialité chez Samuel Beckett

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Auteur / Autrice : Jordan Scheubel
Direction : Luc FraisseÉric Wessler
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langue et Littérature française, Littératures comparées et Sciences de l’information et de la communication
Date : Soutenance le 08/12/2023
Etablissement(s) : Mulhouse
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des Humanités (Mulhouse)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de recherche en langues et littératures européennes (Mulhouse, Haut-Rhin) - Institut de recherche en langues et littératures européennes / ILLE

Résumé

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Romancier, dramaturge, poète, auteur de pièces pour la radio et pour la télévision, mais aussi d’un film pour le cinéma, Samuel Beckett est un artiste complet. Admettre que son travail est influencé par la musique et la peinture, deux arts ayant en effet, par ailleurs, marqué de leur empreinte l’esthétique beckettienne, est dès lors insuffisant ; il faut encore signaler, dans ce corpus particulièrement touché par l’hybridité, l’influence des médias de technologies sonore et visuelle sur l’écriture littéraire, ainsi que les spécificités qu’engendre l’emploi de la radio, de la télévision et du cinéma. Donnant à repérer les aspects de relation, de passage et de souplesse identitaire des médias, la théorie de l’intermédialité est une perspective valable pour ce faire.Le soupçon dirigé vers la conscience, puis vers l’œuvre d’art, la langue, le genre et le média nous amène à évaluer le média beckettien comme une entité lacunaire et appauvrie ; mais il n’est pas non plus suffisant d’affirmer cela. L’emploi de la radio, du cinéma et de la télévision diversifie le corpus mais prolonge une entreprise avant tout littéraire, qui débute et se poursuit par la mise en cause du langage verbal. Le travail beckettien peut être considéré comme un cheminement allant du mot vers le « non-mot », de la littérature vers la scène de théâtre d’abord, puis vers la radio, le cinéma, la télévision – domaines qui donnent à dépasser, surpasser, outrepasser le mot. Au-delà de l’autoréflexivité propre à une littérature centrée sur elle-même, ce qui fait surface est une inter-réflexivité bivalente allant de la littérature à la technologie et de la technologie à la littérature.