À la recherche de la chaleur perdue : Le moteur solaire de la Société Française d'Etudes Thermiques et d'Energie Solaire (SOFRETES) et l'Etat français (années 1960-1980)
| Auteur / Autrice : | Alexandre Mouthon |
| Direction : | Frédéric Caille |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Soutenance le 03/06/2023 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Triangle. Action, Discours, Pensée politique et économique (Lyon ; 2005-....) - Triangle : action- discours- pensée politique et économique / TRIANGLE |
| Jury : | Président / Présidente : Imre Szeman |
| Examinateurs / Examinatrices : Cécile Robert, Marie-Christine Zélem, Laure Dobigny | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Bertrand Bocquet, Sylvain Laurens |
Mots clés
Résumé
Cette thèse cherche à comprendre pourquoi et comment l’État français soutient puis abandonne le moteur sans combustible que la Société Française d’Energie Thermique et d’Energie Solaire (SOFRETES 1973-1983), dont il est le principal actionnaire, vend à des gouvernements étrangers dans les années 1970. La machine dont il est question récupère la chaleur du rayonnement solaire puis la convertit en force mécanique, et elle s’inscrit dans la continuité technique des convertisseurs thermodynamiques de récupération de « la chaleur perdue » imaginés depuis la fin du XIXe siècle. Pour comprendre les modalités de l’action publique qui gouvernent cette solution énergétique alternative, le système d’acteurs, d’intérêts et d’idées dans lequel elle existe est analysé en termes sociohistoriques et technopolitiques. Les résultats révèlent que la question du choix du moteur solaire à industrialiser est en grande partie dépolitisée grâce à la mise en œuvre de certaines formes d’expertise, alors que l’instrumentalisation technopolitique de ce même moteur solaire dans des opérations de politique étrangère « sur-politise », à certains égards, les installations de démonstration. L’entreprise est ainsi gênée dans la réalisation de ses objectifs propres en même temps que victime d’un faisceau d’actions contre-industrielles menées par ses concurrents, mais aussi certains de ses actionnaires, jusqu’au prononcé d’un arbitrage ministériel en sa défaveur. La machine et l’entreprise basculent par la suite dans un processus d’action publique au travers duquel la solution technique proposée, pourtant cohérente et disponible dans le temps court, devient inaccessible dans le temps long car décrédibilisée, écartée des possibles industriels, puis oubliée.