Thèse soutenue

Analyse comparative des manifestations linguistiques du féminin des référents humains en français et en polonais contemporains

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Auteur / Autrice : Joanna Walczak
Direction : Lidia MiladiTeresa Muryn
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Linguistique, sociolinguistique et acquisition du langage
Date : Soutenance le 19/12/2024
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes en cotutelle avec Uniwersytet pedagogiczny im. Komisji Edukacji Narodowej (Cracovie, Pologne)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble, Isère, France ; 1991-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de linguistique et didactique des langues étrangères et maternelles (Grenoble, Isère, France ; 1987-....)
Jury : Président / Présidente : Wojciech Prażuch
Examinateurs / Examinatrices : Elżbieta Gajewska, Catherine Muller
Rapporteurs / Rapporteuses : Alicja Kacprzak, Dorota Sikora, Anna Krzyżanowska

Résumé

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Inspirée par divers débats clivants récents sur la féminisation des noms de métiers et defonctions (Rada Języka Polskiego : 2019, Krysiak : 2016, 2020), cette thèse vise à examiner les marqueurs du féminin existants en français et en polonais contemporains, en mettant un accent particulier sur la nomenclature professionnelle féminisée française et polonaise. L’objectif primordial de cette thèse était d’identifier, de nommer et de décrire les marqueurs du féminin à partir des textes règlementaires et mémétiques français et polonais. Notre corpus est constitué, d’une part, de textes règlementaires universitaires français et polonais, et d’autre part, de mèmes Internet dont le composant textuel s’appuie sur diverses subordonnées circonstancielles de temps, introduites par la conjonction « quand »/kiedy. Nous avons analysé 36 mèmes français, 44 mèmes polonais ainsi que 38 règlements universitaires français et 36 règlements universitaires polonais. Ces corpus sont consultables dans le deuxième volume de ce travail. Notre étude nous a permis de constater la régularité d’utilisation de ces différents marqueurs du féminin. Nous y avons analysé divers marqueurs du féminin : linguistiques (y compris explicites et implicites) et iconiques. Nous avons aussi examiné la manière dont les femmes sont représentées à travers les mèmes Internet (le marqueur iconique du féminin). Les investigations menées nous ont permis d’observer les marqueurs du féminin sous divers angles et à travers des genres textuels différenciés. Cette combinaison des textes étudiés n’est pas fortuite et présente un intérêt particulier – celui d’analyser les marqueurs du féminin des référents humains, tant sémantiquement neutres (noms de métiers et de fonctions issus des textes règlementaires), que familiers, argotiques, voire péjoratifs (ressortant des mèmes Internet). En outre, l’étude de ces marqueurs est combinée avec une description des facteurs extralinguistiques influençant la perception du féminin et des femmes en général. Cette thèse se compose de six parties. Dans les deux premières parties théoriques, nous expliquons et comparons la catégorie du genre ainsi que les classifications nominales existantes en français et en polonais contemporains. Ensuite, dans la troisième partie, nous passons à la confrontation des marqueurs du genre. Cette partie comprend également la description de diverses stratégies d’écriture inclusive et quelques obstacles empêchant l’usage systématique du féminin en français et en polonais. Nous y définissons et illustrons deux notions cruciales pour notre problématique : l’asymétrie linguistique des genres et l’invisibilité linguistique des femmes. La quatrième partie met l’accent sur diverses positions concernant la féminisation des noms de métiers et de fonctions. Tout d’abord, nous évoquons les positions récentes émises par l’Académie française et Rada Języka Polskiego. Ensuite, nous comparons les points de vue adoptés par divers linguistes français et polonais. La féminisation est également perçue comme un sujet sociopolitique, générant diverses discussions en France et en Pologne. Enfin, nous comparons les positions exprimées par des internautes francophones et polonophones sur ce sujet. Dans la partie analytique, nous décrivons d’abord les différents marqueurs du féminin des référents humains français et polonais émergeant des textes formels (règlements universitaires) (la partie V), en nous focalisant sur diverses stratégies d’écriture inclusive, dont la féminisation des noms de métiers fait partie. Dans la sixième partie, nous abordons les textes non formels, à savoir les mèmes Internet, en mettant en valeur leurs définitions, leur genèse, leurs composants, leurs caractéristiques et les concepts cruciaux pour leur analyse. Dans la même partie, nous comparons aussi les marqueurs explicites et implicites ressortant des mèmes Internet français et polonais. Cette thèse se termine par une synthèse des résultats des recherches menées.