Modélisation tridimensionnelle des interactions entre le rayonnement solaire et la neige : du rôle fondamental de sa microstructure à celui de la topographie de montagne
| Auteur / Autrice : | Alvaro Robledano Perez |
| Direction : | Ghislain Picard, Marie Dumont |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de la Terre et de l’Environnement |
| Date : | Soutenance le 28/11/2023 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la terre, de l’environnement et des planètes (Grenoble, Isère, France ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut des géosciences de l'environnement (Grenoble, Isère, France ; 2017-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Pierre Beck |
| Examinateurs / Examinatrices : Frédéric Szczap | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Mark Flanner, Sophia Haussener | |
| DOI : | 10.70675/ecc4ea47z39bdz425bz82c4zd1010b325e03 |
Mots clés
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Mots clés libres
Résumé
Les propriétés optiques de la neige déterminent la quantité d'énergie solaire absorbée par le manteau neigeux et donc son taux de fonte. Elles sont aussi au coeur de fortes rétroactions climatiques. La théorie du transfert radiatif décrit les interactions entre le rayonnement solaire et la neige, c'est à dire comment la lumière se propage et interagit avec la neige. On s'intéresse ici à differentes échelles, de l'échelle du grain de neige, l'échelle microscopique, aux ondulations de la couvertureneigeuse à l'échelle du mètre ou du kilomètre, l'échelle macroscopique.À l'échelle microscopique, de nombreuses théories lient la propagation de la lumière aux propriétés microstructurelles de la neige (taille et forme des grains) et à la présence d'impuretés absorbant la lumière. Ces théories reposent souvent sur de fortes approximations, la plus courante étant de considérer la neige comme un ensemble de sphères de glace déconnectées et d'impuretés flottant dans l'air interstitiel entre les grains. Cependant, nombreux faits expérimentaux démontrent aujourd'hui que ces approximations ne sont pas valides. À l'échelle macroscopique, le transfert radiatif dans la neige est influencé par toutes les ondulations de la surface, de la rugosité à la topographie de montagne. Ces ondulations modulent le rayonnement incident en portant des ombreset en favorisant le ré-éclairage des pentes environnantes. Cela modifie fortement le bilan d’energie de la surface par rapport aux terrains plats, et ces effets sont souvent négligés dans les modèles detransfert radiatif qui supposent un milieu uni-dimensionnel.C’est pour lever ces verrous qu’un modèle 3D de transfert radiatif basé sur un algorithme de transport de photons de Monte Carlo a été amélioré dans cette thèse, le modèle Rough Surface RayTracing (RSRT). A l'échelle microscopique, il calcule la propagation de la lumière dans des imagesde la microstructure de la neige, c'est-à-dire l'arrangement 3D de l'air et de la glace à l'échelle du micromètre, obtenues par tomographie à rayons X. Les résultats de cette thèse montrent que dans le domaine solaire, la neige n'est pas équivalente à des sphères ou à d'autres formes simples,contrairement à ce qui se fait actuellement dans les modèles. Un nouveau concept est introduit pour décrire l'influence réelle de la microstructure de la neige, appelé ''forme optique de la neige''. Cette approche valide en partie une récente hypothèse alternative, consistant à traiter la neige comme un milieu aléatoire biphasique. Ceci représente un nouveau paradigme dans la façon dont la neige est représentée dans les modèles optiques.La présence d'impuretés dans la neige est abordée en combinant les images de microstructure de la neige pure avec des poussières ajoutées de façon ad hoc, selon divers états de mélange poussièreneige: interne, externe ou en contact avec l'interface air/glace. Cette dernière représentation est plusréaliste. Les résultats montrent une sous-estimation des impacts radiatifs induits par les poussières dans le manteau neigeux, révélant ainsi certaines limites du mélange externe couramment utilisé.À l'échelle macroscopique, le modèle RSRT utilise une représentation 3D d'une régionmontagneuse. Les résultats du modèle permettent de mieux comprendre comment le rayonnement solaire se propage à cette échelle et de quantifier l'importance relative d'une série d'effetstopographiques. Cela devrait permettre d'orienter les développements futurs en matière de modélisation du transfert radiatif dans la neige à cette échelle, en déterminant quels effets peuvent être négligés en fonction de la précision visée.Ces résultats démontrent qu'il y a un bénéfice à explorer ces simulations précises du transfert radiatif dans la neige, bien qu'elles soient coûteuses en termes de calcul. Les applications de cette thèse vont de la télédétection optique à l'amélioration des instruments optiques, ainsi que des applications pour le bilan d’énergie des surfaces enneigées