La loi du moindre effort : identifier et manipuler les processus automatiques de contrôle de soi dans le contexte de l'activité physique
| Auteur / Autrice : | Silvio Maltagliati |
| Direction : | Philippe Sarrazin, Boris Cheval |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Mouvement et comportement pour la santé et l'autonomie |
| Date : | Soutenance le 13/07/2023 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale ingénierie pour la santé, la cognition, l'environnement (Grenoble, Isère, France ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Sport et environnement social (Grenoble, Isère, France ; 2003-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Anne Vuillemin |
| Examinateurs / Examinatrices : Luc Pelletier, Dominique Muller | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Dru, Marina Milyavskaya |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Conscients des bénéfices procurés par l'activité physique, la plupart des individus déclarent avoir l’intention d’être actifs physiquement. Pourtant, la moitié d’entre eux n’arrivent pas à traduire cette intention en comportement. L’une des hypothèses pour comprendre cet écart intention–action réside dans l’incapacité à résister à l’attrait des tentations sédentaires (Contribution n°1). Le contrôle de soi joue ici un rôle pivot pour favoriser l’engagement dans l’activité physique, malgré la présence d’alternatives sédentaires. Cette variable a été longtemps associé à la volonté, à des processus délibératifs, coûteux du point des vue des ressources. Récemment, le rôle de processus plus automatiques de contrôle de soi a été souligné car les individus les plus en réussite dans leur but sont précisément ceux qui font le moins appel à leur volonté. L’appréhension de ces mécanismes automatiques de contrôle de soi demeure pourtant lacunaire. Plusieurs questions restent en suspens et sont au cœur de ce travail doctoral. Comment capturer ces processus et sous quelles formes s’expriment-ils ? Quelles sont les variables modulatrices pouvant favoriser le déploiement de ces processus automatiques ? Notamment, quel est l’effet de la motivation autonome et contrôlée envers l’activité physique dans leur activation ? Plus encore, dans quelle mesure la qualité de la motivation affecte-t-elle l’occurrence des désirs envers les tentations sédentaires – l’un des marqueurs d’une régulation automatique ? Enfin, est-il possible de modifier ces processus automatiques de contrôle de soi pour changer les comportements d’activité physique ?Pour répondre à la première question, les tendances automatiques d’approche-évitement à l’égard de l’activité physique, mesurées à l’aide de tâches informatisées, ont été capturées en présence ou en l’absence de tentations sédentaires dans 3 études (Contribution n°2). Des individus actifs physiquement étaient plus rapides pour « s’approcher » que pour « s’éloigner » des stimuli liés à l’activité physique. De plus, cette différence de temps de réaction était plus marquée en présence de stimuli sédentaires (vs de stimuli neutres). La présence de tentations sédentaires pourrait ainsi permettre à des personnes actives physiquement de protéger leur but. Concernant la seconde série de questions, un ensemble de 3 études a révélé qu’une forte motivation autonome à l’égard de l’activité physique, mais aussi que l’amorçage supraliminal et subliminal de ce type de motivation, étaient associés au déploiement des processus automatiques de contrôle de soi (Contribution n°3). Par ailleurs, une étude menée lors du confinement lié à la pandémie de Covid-19 a corroboré l’importance de la motivation autonome dans la mise en place d’une régulation automatique de l’activité physique (Contribution n°4). Plus encore, cette régulation automatique pourrait expliquer la relation entre la motivation autonome et la réduction de l’occurrence des désirs envers les alternatives sédentaires (Contribution n°5). Enfin, au regard de la dernière question, nous avons mis en évidence, dans un essai randomisé contrôlé basé sur une approche inférentielle des tendances automatiques (Contribution n°6), qu’entraîner les personnes à approcher l’activité physique, malgré la présence de tentations sédentaires, pour obtenir des conséquences individualisées (e.g., plaisir, santé) lors d’une tâche sur ordinateur était efficace pour changer les attitudes implicites envers l’activité physique, ainsi que la préférence pour ce comportement dans une tâche de libre choix. Bien qu’aucun effet sur l’activité physique autorapportée n’ait été observé, ces résultats soulignent le potentiel de cette intervention pour agir sur les processus automatiques de contrôle de soi.Dans son ensemble, ce travail doctoral renforce notre compréhension de la boucle automatique du contrôle de soi, les conditions de son déploiement, ainsi que les possibilités de son réentraînement.