Thèse soutenue

Scientisme, biopolitique et quête de transcendance : penser l’espérance transhumaniste

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Auteur / Autrice : Cécilia Calheiros
Direction : Nathalie Luca
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 08/12/2023
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Sylvain Laurens
Examinateurs / Examinatrices : Sylvain Laurens, Morgan Meyer, Lionel Obadia, Anne-Sophie Lamine, David Pucheu
Rapporteurs / Rapporteuses : Morgan Meyer, Lionel Obadia
DOI : 10.70675/beedf8b6z6b60z467az8a9dzd2ba818c8a10

Mots clés

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Résumé

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Source inépuisable d’imagination, la quête d’immortalité et les techniques de longévité ont considérablement varié au cours de l’Histoire. L’essor du transhumanisme réactualise cette ambition et suscite depuis deux décennies un engouement croissant au sein des sciences humaines et sociales. Ces dernières interrogent la nature du transhumanisme, le projet de civilisation qu’il dessine ainsi que la place qu’occupe l’humain dans celui-ci. Néanmoins, ces études proposent une diversité d’approches définissant le transhumanisme de manière morcelée, voire considèrent sa nature comme insaisissable tant son polymorphisme semble compliqué à appréhender. Apparu à la fin du XXe siècle dans les franges technophiles de la contre-culture californienne, le transhumanisme s’établit sur trois principaux fondements : s’émanciper des contraintes biologiques pour mener l’espèce humaine à son prochain stade évolutif ; considérer les technosciences comme la seule voie rationnelle et efficiente pour atteindre ce but ; et supplanter les religions en annihilant la mort elle-même. S’il se présente comme une entreprise rationaliste, il n’en reste pas moins motivé par des espérances eschatologiques et métaphysiques autour de la fin de l’humain. Devenu au tournant du XXIe siècle un mouvement social biopolitique d’envergure internationale, le transhumanisme se fait la caisse de résonnance des promesses et des injonctions de la société de l’amélioration en érigeant la mort en problème social contre lequel il convient de lutter. Comment peut-on croire dans l’impérieuse nécessité de modifier radicalement l’humain par les technosciences ? Comment en vient-on à s’engager pour défendre cette cause ? Quels sont les effets des promesses technoscientifiques sur la formation des attentes des militants transhumanistes français et sur leurs modes d’engagement ? À partir d’une enquête ethnographique auprès des transhumanistes français, cette recherche interroge la nature du transhumanisme en portant une attention particulière aux fondements de son système de croyance et à ses modalités d’adaptation au contexte français. Cette étude se concentre sur les conditions socio-historiques qui ont favorisé l’émergence du transhumanisme et sur la façon dont les dynamiques de l’espérance s’actualisent chez les militants transhumanistes au travers des formes d’engagement qu’ils mobilisent.