Thèse soutenue

De l'Empire à l'État-nation : la question nationale dans le roman grec du XIXe siècle

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Auteur / Autrice : Maria Kalantzopoulou
Direction : Marie-Elisabeth Mitsou
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance le 19/06/2023
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Mary Leontsini
Examinateurs / Examinatrices : Mary Leontsini, Μερόπη Αναστασιάδου, Αλέξης Πολίτης, René Bouchet, Timur Muhiddin
Rapporteurs / Rapporteuses : Μερόπη Αναστασιάδου, Αλέξης Πολίτης

Résumé

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Cette thèse étudie la manière dont le monde grec construit sa pensée sur les problèmes nationaux dans la période postérieure à la fondation de l’État grec à la suite de la guerre de l’indépendance contre l’Empire ottoman en 1821. Nous examinons les transformations de cette pensée telle qu’elle se présente à travers la littérature et dans le discours intellectuel grecs dans la période 1830-1880. Notre mémoire commence par une étude des revues littéraires et des journaux. Les Grecs conçoivent un besoin de développement politique et intellectuel, après la rupture marquée par l’avènement de la révolution nationale. Ils doivent œuvrer pour leur expansion sur les territoires de l’Empire ottoman, lointains ou plus proches. Une tendance s’établit pour l’attachement à l’État national grec. Dans les parties suivantes nous analysons les œuvres romanesques de la période, en nous penchant d’abord sur les travaux qui se concentrent sur la vie dans l’Empire ottoman. Les problèmes grecs sont liés aux problématiques de l’Empire ottoman, et les Grecs se conçoivent comme partie intégrante de cet Empire. Une connexion est mise en avant avec les communautés nationales avec lesquelles les Grecs coexistent sur les territoires européens de l’Empire ottoman. D’autre part les romans traitent de la période de la révolution grecque de 1821. La révolution est vue comme un processus contesté, qui a mis terme aux possibilités dont les Grecs disposaient sous le pouvoir ottoman. Les auteurs s’intéressent à la révolution comme événement historique, tout en se penchant sur les relations des Grecs avec les puissances internationales. La révolution est finalement intégrée comme axe important dans le discours national des Grecs qui consolide la référence au centre grec indépendant. L’étude des romans et de la presse permet de comprendre les postures du monde grec face aux questions de la nation, une réflexion qui oscille entre l’opposition et des formes d’allégeance au pouvoir ottoman, la quête pour un agrandissement national qui passe par la projection sur cet Empire, la relation avec les grandes puissances et les peuples des Balkans et l’affirmation d’une identité nationale autosuffisante.