Thèse soutenue

Louis Blanc et l’organisation du travail dans la première moitié du XIXe siècle

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Auteur / Autrice : Christos Andrianopoulos
Direction : Maurizio GribaudiMichèle Riot-Sarcey
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance le 23/05/2023
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Dinah Ribard
Examinateurs / Examinatrices : Dinah Ribard, Ludovic Frobert, Caroline Fayolle, Samuel Hayat, Manuela Martini
Rapporteurs / Rapporteuses : Ludovic Frobert, Louis Hincker

Résumé

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Au cours de la première moitié du XIXe siècle, l’idée de l’« organisation du travail » incarne la lutte contre trois menaces majeures pour la société et le monde du travail : la destruction de l’ordre social provoquée par la Révolution de 1789, le risque d’un retour aux anciennes corporations et la progression rapide de la division capitaliste du travail. La nécessité d’imposer un nouvel ordre dans le travail est un lieu commun chez les socialistes et une partie de l’élite ouvrière. Pour autant, elle n’est pas perçue de la même manière par tous. Pour des nombreux auteurs démocrates, l’« organisation du travail » ne serait que l’aboutissement de la mise en place d’une série de réformes politiques ; pour les ouvriers, elle symbolise notamment un projet associatif. C’est cependant Louis Blanc qui fait de cette idée un projet politique autonome. Dans cette thèse, nous présentons l’« organisation du travail » non seulement comme un fil directeur de la réflexion de Louis Blanc mais aussi comme un véritable engagement politique. À l’encontre d’autres études qui réduisent son apport théorique à une contribution à la pensée républicaine et circonscrivent l’examen de son parcours politique au seul cadre de la Révolution de 1848, cette étude essaie de montrer que l’« organisation du travail », idée qu’il élabore depuis sa jeunesse, trouve son origine dans son observation de la réalité du monde du travail et dans son apprentissage du réformisme social. S’inspirant des idées saint-simoniennes, il conçoit, durant les années 1830, une théorie d’organisation sociale bâtie sur l’idée de l’association universelle. Celle-ci va être enrichie dans les années 1840 par une réflexion sur le concept de l’État instructeur et l’élaboration du projet des ateliers sociaux ; elle sera par la suite transformée en un programme politique concret durant la Révolution de 1848, lorsque Louis Blanc, en sa qualité de président de la commission du Luxembourg, essaiera de tisser des liens avec les ouvriers. Au sein du Luxembourg, les frictions avec ces derniers l’amèneront cependant à faire certaines concessions théoriques qui vont transformer par la suite la manière dont nous apercevons la question sociale aux XIXe siècle.