Thèse soutenue

Structure interne et géodynamique de Vénus par analyses gravimétriques et topographiques

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Auteur / Autrice : Julia Maia
Direction : Mark Wieczorek
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de la planète et de l'univers
Date : Soutenance le 22/09/2023
Etablissement(s) : Université Côte d'Azur
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences fondamentales et appliquées (Nice ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Joseph-Louis Lagrange (Nice, Alpes-Maritimes ; 2012-....)
Jury : Président / Présidente : Nicolas Coltice
Examinateurs / Examinatrices : Mark Wieczorek, Nicolas Coltice, Doris Breuer, Taras V. Gerya, Peter B. James, Caroline Dumoulin
Rapporteurs / Rapporteuses : Doris Breuer, Taras V. Gerya
DOI : 10.70675/223dfea5zbcb0z425fzae3dz01a9f5e52c6c

Mots clés

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Résumé

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La planète Vénus est couramment surnommée ''jumelle de la Terre'' du fait de leurs similarités en masse, taille, et distance au Soleil. Néanmoins, la planète est rendue inhabitable par son atmosphère écrasante, qui induit un effet de serre responsable d'une température de surface de 470°C. De plus, la tectonique des plaques, principal moteur de la géologie terrestre, n'existe pas sur Vénus. Venus et la Terre ont donc connu des histoires géologiques distinctes, pour des raisons encore incertaines. Afin de contraindre l'évolution géodynamique de Vénus et de comprendre pourquoi ces deux planètes ont évoluées différemment, il est essentiel de bien connaître leurs structure interne. Malheureusement, la structure interne de Vénus est très mal connue. Cette thèse a pour objectif de mieux estimer la structure interne de Vénus, afin d'obtenir de nouvelles perspectives sur la géodynamique et l'évolution thermique de la planète. Pour ce faire, j'ai étudié les anomalies gravitationnelles et la topographie de Vénus observées par la sonde Magellan dans les années 90, en utilisant des techniques d'analyse, des modèles géophysiques, et des méthodes d'inversion de données sophistiquées.Durant la première partie de ma thèse, j'ai concentré mes études sur la structure interne et les mécanismes de compensation topographique d'un type de formation géologique spécifique à Vénus - les plateaux crustales. Ces plateaux sont des régions montagneuses de milliers de kilomètres d'extension, qui présentent des anomalies gravitationnelles positives mais de magnitude discrètes. En utilisant un modèle de déformation élastique de la lithosphère, j'ai produit des données gravimétriques synthétiques qui ont été comparées avec les observations faites par Magellan. Ces modèles sont principalement sensibles aux variations d'épaisseur de la croûte, responsables de variations de densité à l'intérieur de la planète; ainsi qu'à l'épaisseur élastique, qui contrôle l'ampleur de la déformation lithosphérique lorsqu'elle est soumise à des charges à la surface et en subsurface. Mes résultats montrent que la topographie des plateaux est compensée par l'épaississement de la croûte, et qu'elle est en grande partie cohérente avec un régime de compensation isostatique d'Airy. De plus, l'épaisseur moyenne de la croûte de ces régions varie de 15 et 34 km. Cependant, à cause de la déflexion lithosphérique, la croûte peut atteindre plus de 40 km de profondeur dans les régions où la topographie est plus élevée. Ces valeurs sont comparables à l'épaisseur de la croûte continentale terrestre. Enfin, en supposant que les plateaux sont en isostasie d'Airy, j'ai pu déduire que l'épaisseur moyenne de la croûte de Vénus est d'environ 20 km.Ensuite, j'ai concentré mes études sur les signaux gravimétriques et topographiques aux grandes longueurs d'onde, qui sont associées à des écoulements dans le manteau. Pour analyser ces signaux, j'ai utilisé un modèle analytique de charges dynamiques, qui suppose que la convection du manteau est déclenchée par des anomalies de densité dans le manteau et est sensible à la structure de sa viscosité. En comparant à nouveau les modèles avec les observations, j'ai pu obtenir de nouvelles informations sur les propriétés géophysiques du manteau de Vénus. Le principal résultat de cette étude a été la découverte d'une zone à faible viscosité dans le manteau supérieur. Cette zone est caractérisée par une réduction de la viscosité de 5 à 15 fois par rapport au manteau sous-jacent. Elle commence à la base de la lithosphère, à environ 80 km de profondeur, et mesure environ 325 km d'épaisseur. Cette réduction de viscosité pourrait être causée par la présence de fusion partielle dans le manteau, comme cela a été proposé pour expliquer l'origine de l'asthénosphère de la Terre. Cela soutiendrait l'interprétation selon laquelle Vénus est un monde géologiquement actif, principalement régi par des processus magmatiques en cours.