Thèse soutenue

Défis de la prise en charge du VIH en Afrique de l'Ouest à l'ère du traitement pour tou.te.s : analyses épidémiologiques du continuum de soins et des évènements de santé, avec une perspective de genre

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Auteur / Autrice : Kiswend-Sida Tiendrebeogo
Direction : Renaud Becquet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Santé publique Option Epidémiologie
Date : Soutenance le 21/12/2023
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Talence, Gironde ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Bordeaux population Health
Jury : Président / Présidente : Xavier Anglaret
Examinateurs / Examinatrices : Renaud Becquet, Armel Poda
Rapporteurs / Rapporteuses : Nicolas Nagot, Patrizia Carrieri
DOI : 10.70675/0766a153zda7dz4199zb0e4z4e19848b88b9

Résumé

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Alors que près de 25 millions de personnes vivent avec le VIH en Afrique subsaharienne, dont 5 millions en Afrique de l’ouest et du centre, la couverture et la performance des programmes de prise en charge du VIH accusent encore un retard certain en Afrique de l’ouest. Pourtant, l’atteinte des objectifs ambitieux fixés par l’ONUSIDA pour 2030 passe nécessairement par l’engagement soutenu des patients dans le système de soins et le succès du traitement. Dans ce contexte, l’objectif de cette thèse était d’analyser certains défis actuels de la prise en charge du VIH en Afrique de l’Ouest, sous l’angle du continuum de soins, des résultats en matière de santé, et d’une approche tenant compte du genre. Trois axes principaux ont été investigués à partir de deux plateformes de données : la cohorte observationnelle IeDEA Afrique de l’Ouest et l’essai clinique TEMPRANO mené en Côte d’Ivoire. Le premier axe a évalué sur une période de 10 ans l’attrition des programmes de soins VIH ainsi que l’évolution de la réponse immunologique sous traitement antirétroviral en fonction du sexe. Les résultats mettent en évidence une très forte attrition avec un risque accru d’attrition chez les hommes. Parallèlement, une meilleure réponse immunologique a été obtenue chez les femmes. Le deuxième axe a porté sur le passage vers les régimes thérapeutiques récents à base de dolutégravir (DTG) et leur impact métabolique. Les analyses révèlent une adoption progressive mais hétérogène de ces schémas selon les centres de soins, avec un écart qui se réduit progressivement entre les hommes et les femmes suivant des disparités initiales d’accès au DTG en faveur des hommes. Elles montrent également une prise de poids substantielle dans l’année suivant l’introduction du DTG, surtout chez les patients auparavant traités par éfavirenz ou inhibiteurs de protéase. Enfin, le troisième axe a étudié l’effet du moment d'initiation d’une stratégie de traitement précoce sur la survenue d'issues défavorables de grossesses. Aucune différence significative de risque n'a été mise en évidence, confortant les recommandations d’un traitement antirétroviral immédiat pour toutes les personnes vivant avec le VIH, y compris les femmes en âge de procréer. Au final, ces travaux mettent en lumière certains défis-clés persistants pour la rétention dans les soins, la transition vers les nouvelles thérapeutiques antirétrovirales, et la santé reproductive des femmes vivant avec le VIH en Afrique de l’Ouest. Ils ouvrent des perspectives importantes pour poursuivre l’investigation de ces problématiques essentielles à la gestion de l’infection à VIH dans la région, et in fine améliorer la prise en charge globale des patients vivant avec le VIH.