Thèse soutenue

Trajectoires de l’identité vocationnelle durant l’année de terminale : rôle des processus émotionnels et du soutien perçu des parents et du professeur principal

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Simon Pineau
Direction : Roely-Ida Lyda Lannegrand-Willems
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance le 17/10/2023
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Talence, Gironde ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de psychologie (Bordeaux)
Jury : Président / Présidente : Valérie Cohen-Scali
Examinateurs / Examinatrices : Camille Brisset
Rapporteurs / Rapporteuses : Claire Hofer, Emmanuelle Vignoli

Résumé

FR  |  
EN

Durant l’année scolaire de terminale, les adolescents ont à formuler des vœux d’orientation. Ces vœux renvoient à des questionnements identitaires concernant leur avenir scolaire et professionnel, ce qui relève de la construction de l’identité vocationnelle. Durant ce palier d’orientation, le fait de se projeter et de devoir s’exprimer sur leurs perspectives futures peut susciter chez eux des émotions intenses et mobiliser leurs capacités de régulation émotionnelle. Néanmoins, les adolescents ne sont pas seuls durant cette transition : les environnements familial et scolaire (particulièrement les professeurs principaux) y tiennent un rôle central, que ce soit par le soutien que les adolescents perçoivent ou via des échanges concernant les vœux qu’ils envisagent de formuler. L’objectif général de la thèse est d’analyser les trajectoires de la construction de l’identité vocationnelle des adolescents au cours de l’année de terminale et de comprendre les rôles respectifs des processus émotionnels et des environnements familial et scolaire dans cette évolution. Pour atteindre cet objectif, nous avons mené une étude longitudinale par questionnaires auto rapportés auprès de 849 adolescents de classe de terminale à quatre moments clefs de la procédure d’orientation. Nos résultats soulignent l’importance de considérer les différences entre adolescents dans l’évolution de l’identité vocationnelle durant l’année de terminale. Nous avons mis en évidence 6 trajectoires de l’identité vocationnelle. Ces trajectoires se distinguent en 3 grands types d’évolution de l’identité vocationnelle durant l’année de terminale : (1) des adolescents ayant des engagements vocationnels faibles durant toute l’année (44% de l’échantillon), (2) des adolescents avec des engagements forts dès le début de l’année (34%), et (3) des adolescents avec des engagements faibles en début d’année, mais avec une formation d’engagement durant l’année (22%). Les liens entre les processus émotionnels et l’identité vocationnelle montrent que l’expérience d’émotions négatives en lien avec l’orientation correspond aux doutes des adolescents, et que la manière de gérer les émotions est liée à la fois à la force de l’engagement des adolescents, et à leur exploration des formations post-bac. Les adolescents appartenant au 1er type d’évolution de l’identité vocationnelle ressentent des émotions négatives relativement élevées et ne pensent pas pouvoir changer la situation et cherchent à mettre à distance leur ressenti émotionnel. Les adolescents avec de forts engagements dès le début de l’année ou une formation d’engagement durant l’année et qui explorent fortement (2ème type) ressentent également des émotions négatives élevées. Néanmoins, ils mobilisent de multiples stratégies de régulation émotionnelle, notamment la recherche de soutien social. Enfin, les adolescents avec des niveaux de reconsidération très faibles (3ème type) présentent peu d’émotions négatives et mobilisent donc peu de stratégies de régulation émotionnelle. L’analyse des relations avec les parents met en évidence que le soutien des parents est particulièrement lié à la construction de l’identité vocationnelle précédant l’année de terminale. Le soutien perçu du professeur principal apparaît central, par l’aide apportée dans l’exploration des formations post-bac. Nos résultats soulignent la difficulté pour certains adolescents à se positionner par rapport à leur futur vocationnel. Néanmoins, des dynamiques émanant des adolescents et de leurs environnements familial et scolaire peuvent permettre la construction de l’identité vocationnelle. Ces résultats confirment certains résultats déjà présents dans la littérature mais aussi apportent de nouvelles connaissances sur la formation de l’identité vocationnelle conduisant à des propositions d’applications sur le terrain et de nouvelles perspectives de recherche.