Thèse soutenue

Contribution au développement d'un agent de biocontrôle contre Sclerotinia sclerotiorum sur colza

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Auteur / Autrice : Estelle Turc
Direction : Marc BardinPhilippe NicotNoadya Monnier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Agronomie
Date : Soutenance le 10/07/2023
Etablissement(s) : Avignon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences et agrosciences (Avignon)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Pathologie végétale (Unité de recherche INRA-Université d'Avignon)
Jury : Président / Présidente : Marc Tchamitchian
Examinateurs / Examinatrices : Véronique Broussolle, Sonia Rippa
Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Jacques, Elsa Ballini

Résumé

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Sclerotinia sclerotiorum est un agent phytopathogène responsable de la sclérotiniose ou pourriture blanche sur de nombreuses espèces végétales. Ce champignon entraîne des pertes économiques considérables dans des cultures d'importance économique telles que le colza, avec des rendements pouvant diminuer jusqu'à 30%. Actuellement, la lutte contre cette maladie dans cette culture repose principalement sur l'utilisation de traitements chimiques, mais il est nécessaire de développer des méthodes alternatives et/ou complémentaires aux substances chimiques. Deux souches bactériennes, 108 et 522, de Bacillus sp. présentant un potentiel de biocontrôle vis-à-vis de S. sclerotiorum, ont été sélectionnées lors de tests préliminaires réalisés en conditions contrôlées et au champ. L'objectif de cette thèse est de développer un produit de biocontrôle anti-Sclerotinia pour le colza en traitement foliaire. Les objectifs spécifiques de la thèse sont les suivants : (i) étudier le mode d'action des souches bactériennes sélectionnées, (ii) évaluerl'effet de facteurs tels que la dose, les isolats du champignon pathogène, les génotypes de colza et la température sur l'efficacité protectrice des bactéries contre S. sclerotiorum sur le colza, (iii) optimiser la production en fermenteur et la formulation des souches sélectionnées Pour ce faire, une analyse complète du génome a été réalisée, suivie d'une validation fonctionnelle des modes d'action tels que l'antibiose, à l'aide de tests de confrontation in vitro des suspensions bactériennes ou des surnageants. La quantification des lipopeptides a également été effectuée. Le deuxième mode d'action, qui implique la stimulation des défenses du colza, a été étudié à l'aide de tests in planta, ainsi qu'avec l'analyse de l'expression des gènes des différentes voies de défense chez le colza. L'influence des facteurs d'efficacité, tels que la dose, la sensibilité des isolats du champignon pathogène et le génotype de colza, a été évaluée à l'aide de tests de confrontation in vitro, d'essais en conditions semi-contrôlées ou sur le terrain. L'optimisation de la production a consisté à sélectionner une source d'azote et de carbone tout en veillant à choisir des milieux ayant un faible impact économique. Cette optimisation de la production a impliqué une augmentation de l'échelle de production, passant de la culture en microplaque à celle en fermenteur de 500 mL, puis à un fermenteur de 30L. Les travaux sur la formulation ont consisté à développer des adjuvants extemporanés sous forme huileuse et aqueuse, composés de co-formulants ayant un faible impact écotoxicologique et toxicologique. Les paramètres physico-chimiques de ces adjuvants ont été analysés, notamment la mesure de la mouillabilité et l'efficacité protectrice des souches bactériennes en combinaison avec les adjuvants. Les résultats de la thèse mettent en évidence la mise en place d'un mode d'action d'antibiose pour les deux souches, ainsi qu'une stimulation plus importante des défenses du colza plus important pour la souche 522, à travers l'activation des voies de l'acide jasmonique/éthylène, du système antioxydant, du métabolisme des glucosinolates et de l'acide salicylique. Il a été postulé que la production de surfactine, de fengycine et d'iturine (mycosubtiline) par les bactéries pourrait être impliquée dans la mise en place de ces modes d'action. Malgré la présence de ces modes d'action, les facteurs environnementaux jouent un rôle dans l'efficacité de ces bactéries. Ainsi, la dose d'application des souches 108 et 522, ainsi que latempérature, ont un effet significatif sur leur efficacité. L’effet de la température est également en lien avec un effet sur la production en lipopeptides. Le type d'isolat de S. sclerotiorum a un effet en vitro, mais pas in planta, et la variété de colza influence l'efficacité de la souche 522, mais pas de la souche 108.