Thèse soutenue

Vers un droit de la santé en milieu pénitentiaire : les conditions de détention en question

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Auteur / Autrice : Pauline Beer
Direction : Thierry Serge Renoux
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit public
Date : Soutenance le 07/07/2023
Etablissement(s) : Aix-Marseille
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Sciences juridiques et politiques (Aix-en-Provence)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Groupe d'études et de recherches sur la justice constitutionnelle (Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône)
Jury : Président / Présidente : Caterina Severino
Examinateurs / Examinatrices : Caterina Severino, François Vialla, Nadia Beddiar, Thierry Alves, Denis Salas
Rapporteurs / Rapporteuses : François Vialla, Nadia Beddiar

Résumé

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Au 1er avril 2023, le nombre de personnes détenues dans les prisons françaises s'élève à plus de 70 000, pour environ 60 000 places opérationnelles. Toutes ces personnes détenues présentent un état de santé fragilisé avec une prévalence importante de troubles mentaux et de comportements à risque. Ces difficultés, antérieures à l'incarcération, sont trop souvent aggravées par des conditions de détention telles que la surpopulation, le manque d'activité, la faiblesse du maintien des liens familiaux, la promiscuité, le manque d'hygiène ou encore l'insalubrité des locaux. Pire encore, cette situation, peu propice à la protection de la santé des personnes détenues, ne s'améliore guère à la sortie : deux-tiers des hommes détenus en maison d'arrêt et trois quarts des femmes présentent, à la sortie de prison, un trouble psychiatrique. Ce constat est alarmant. Pour tenter de remédier à ce constat, qu'est-il prévu ? Depuis la loi du 18 janvier 1994, la prise en charge sanitaire des personnes détenues, majeures ou mineures, relève du système de santé de droit commun. Autrement dit, la responsabilité de la santé en milieu pénitentiaire a été transférée du ministère de la Justice vers le ministère de la Santé. Qu'implique ce transfert en pratique ? Qui s'occupe concrètement de la protection de la santé des personnes en prison ? Qu'en est- il des enfants accompagnant leur mère détenue ? Comment les acteurs œuvrant pour la protection de la santé en milieu pénitentiaire impliqués aux niveaux national, régional et local se coordonnent-ils ? Le foisonnement inextricable des textes, les chevauchements inexplicables de compétences rendent difficilement perceptible une politique publique de santé en milieu carcéral unique et cohérente. Or la présente étude démontre que toute amélioration suppose non seulement une politique publique coordonnée, une réorganisation des administrations mais également et surtout la consécration d'un véritable « Droit de la santé en milieu pénitentiaire », nouvelle discipline juridique