Thèse soutenue

De la Provence à l'Indochine : Jules Boissière, un écrivain français entre deux rives

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Auteur / Autrice : Hervé Casini
Direction : Corinne Flicker
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langue et litteratures francaises
Date : Soutenance le 29/03/2023
Etablissement(s) : Aix-Marseille
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Langues, Lettres et Arts (Aix-en-Provence)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre interdisciplinaire d'étude des littératures (Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône)
Jury : Président / Présidente : Tự Lập Ngô
Examinateurs / Examinatrices : Corinne Flicker, Joan-Ives Casanova, Guillaume Bridet, Yvan Daniel
Rapporteurs / Rapporteuses : Joan-Ives Casanova, Guillaume Bridet
DOI : 10.70675/3161481fz6522z45cczbfd6z434d8fe358c4

Résumé

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Jules Boissière (1863-1897) est un écrivain paradoxalement méconnu voire oublié, sauf peut-être des spécialistes de la littérature d'Indochine. À l'exception de son texte Propos d'un intoxiqué et des nouvelles du recueil Fumeurs d'opium régulièrement rééditées, l'homme tout comme l'œuvre demeurent largement à découvrir. Sur un sujet ne faisant l'objet que de très peu de travaux, la définition du corpus et le dépouillement de manuscrits, notes, correspondances a représenté un lourd travail de terrain qui a nécessité le dépouillement de 1561 documents d'archives au fond patrimonial d'Avignon-bibliothèques et 124 documents au Palais du Roure d'Avignon, et de consulter le fond des Archives départementales du Vaucluse et, pour la presse publiée en Indochine, le fond des Archives Nationales d'Outre-mer (ANOM). L'écriture de Jules Boissière se caractérise par une trajectoire originale utilisant tour à tour, puis simultanément, deux langues, le français et le provençal, tout au long d'une production littéraire en vers et en prose, même si au regard de l'œuvre achevée, quantitativement modeste, on peut considérer que c'est dans la seconde que Boissière fut le plus à son aise. En outre, c'est bien la rencontre de ce que l'on pourra appeler le « continent provençal » et le « continent indochinois » qui permet à l'acte d'écriture de se développer pleinement et de donner naissance à un imaginaire « pionnier », dépassant largement les frontières de l'exotisme littéraire du XIXe siècle, pour poser les prémices d'une littérature coloniale encore en devenir au moment où Jules Boissière produit son œuvre. Au-delà de la place sans doute trop stéréotypée que l'on a pu lui faire occuper dans « la littérature des intoxiqués », en tant qu'écrivain de l'opium, c'est davantage vers la tentation d'un statut d'orientaliste - certes inabouti - souhaitant mener de pair travaux de recherche et œuvres de l'imaginaire que porte notre réflexion. Au terme de cette vue d'ensemble de la trajectoire littéraire singulière de Jules Boissière devrait se dégager une esthétique aux confluents de divers courants « fin de siècle » qui aidera à restaurer un authentique statut d'écrivain français.