Thèse soutenue

Migration, efficacité des structures et déséquilibre de développement en Guyane

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Auteur / Autrice : Moustapha Aladji
Direction : Paul Roselé Chim
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 19/10/2022
Etablissement(s) : Guyane
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Diversités, santé et développement en Amazonie (Cayenne)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Ecole Doctorale 587 : Diversités, santé et développement en Amazonie
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Krzysztof Malaga, Syoum Négassi, Alain Redslob, Florence Faberon, Béatrice Boulu-Reshef, Isabelle Hidair-Krivsky, Claudio Ruff Escobar

Résumé

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En Guyane, la diversité de la population est le fruit de vagues migratoires d'arrivées successives. Elle est composée essentiellement d'Amérindiens, de Créoles, de Noirs marrons, d'Asiatiques et de Métropolitains au début des années 1960. Elle s'est ensuite diversifiée avec l'arrivée d'immigrés natifs du Brésil, d'Haïti, du Guyana, du Suriname ou de Sainte-Lucie. Jusqu’aux années 80, les grandes vagues d’immigration en Guyane témoignent de l’instabilité politique dans les pays alentours : troubles politiques en Haïti, guerre civile au Suriname, problèmes sociaux et économiques au Guyana. Aujourd’hui, ce territoire reste un ilot de richesses au cœur de l’Amérique du Sud et beaucoup d’immigrés viennent s’y installer pour des raisons économiques ou familiales. De plus, il ne faut pas oublier la perméabilité des frontières qui ont fait de la Guyane une terre de migrations : deux fleuves frontières, la forêt au sud et la mer au nord. Le nombre d’immigrés dans la population guyanaise est stable en 1990. Par la suite entre 1990 et 1999 une diminution s’opère. Selon l’Insee en 2020, les immigrés représentent 30 % de la population de Guyane. C'est le taux d'accueil régional le plus élevé devant celui d'Île-de-France (17,6 %) et d’Alsace (10,3 %). Si l'origine de la population immigrée a changé au cours du temps, son profil aussi a évolué : on compte désormais plus de femmes que d'hommes. En dehors des faits migratoires sur ce territoire, la précarité touche également un bon nombre de la population. Elle concerne principalement les personnes actives ayant un emploi précaire que ce soit la population immigrée ou celle non immigrée. Selon le rapport d’étude réalisée conjointement par l’Institut National de la Statistique des Études Économiques (INSEE) et la Direction de l’Environnement et de l’Aménagement du Logement en Guyane (DEAL) en 2014 sur le logement, 15 % à 20 % de la population Guyanaise n’a pas d’accès aujourd’hui aux infrastructures de base (eau potable, électricité, téléphone, logement etc.) ; 30 % des ménages guyanais de la bande littorale vivent en surpeuplement contre 9 % en métropole. L’immigration, trop souvent oubliée, ne génère pas seulement des répercussions négatives, n’est pas complètement détachée de la volonté politique. L’histoire nous a enseigné que la Guyane a été construite en partie par l’immigration, force motrice du développement de ce territoire, quelle que soit son origine, qu’elle soit voulue ou forcée. Aujourd’hui sur le territoire guyanais, une partie importante d’immigré participe activement à la vie économique et au développement du territoire. L’objet de cette thèse est de démontrer d’un point vu économique, sociale et culturelle la vision la plus vraisemblable et objective de l’impact de l’immigration dans l’économie Guyanaise.