Thèse soutenue

Les registres divinatoires et sacrificiels du royaume de chu au ive siècle avant notre ère.

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Auteur / Autrice : Liang Zhong
Direction : Marc KalinowskiOlivier Venture
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Etudes de l'Extrême-Orient
Date : Soutenance le 22/03/2022
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Établissement de préparation de la thèse : École pratique des hautes études (Paris ; 1868-....)
Laboratoire : Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (Paris ; 2006-....)
Jury : Président / Présidente : Françoise Bottéro
Examinateurs / Examinatrices : Marc Kalinowski, Olivier Venture, Françoise Bottéro, Michael Lackner, Lisa Ann Raphals, Daniel Patrick Morgan, Marianne Bujard
Rapporteurs / Rapporteuses : Michael Lackner, Stéphane Feuillas

Mots clés

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Mots clés libres

Résumé

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La thèse concerne un genre de document de la pratique : des comptes rendus de divinations et de sacrifices du royaume Chu pendant le IVe siècle avant notre ère. Totalement inconnus dans les sources transmises, ces registres sont tous issus de sépultures. Depuis une première découverte en 1965, douze tombes, occupées par des individus d'origines sociales différentes, nous ont livrés ces manuscrits. Le but de ces activités mantiques et sacrificielles est l'amélioration de la carrière ou de la santé du client. Notre méthodologie se différencie des études précédentes essentiellement sur trois points : embrasser tous les corpus à notre disposition ; employer les sources transmises le moins possible ; traiter les comptes rendus comme des documents de la pratique. Notre thèse constitue le premier essai d'analyse de l'ensemble des registres divinatoires et sacrificiels, dont douze au total ont été publiés jusqu'en 2019. Nous accordons à tous les corpus la même importance, quelle que soit la position sociale du consultant et quel que soit l'état de leur conservation. On tente d'utiliser au mieux les rapports divinatoires et sacrificiels pour les expliquer par eux-mêmes, en suivant la position prise par nos deux maîtres, Chen Wei et Marc Kalinowski : travailler indépendamment des travaux d'exégèse réalisés par les lettrés après les avoir connus. Les autres manuscrits exhumés nous donnent aussi des informations précieuses. C'est seulement le dépouillement de tous les corpus à notre disposition, la confrontation des données, parfois l'éclairage d'une mention imprécise ou difficile à interpréter par une autre indication, qui permet d'aller plus loin dans la connaissance des activités mantiques et sacrificiels du royaume de Chu au ive siècle. Les sources transmises sont notre dernier recours pour une meilleure compréhension de documents exhumés et non la première référence comme le font certains. En traitant nos manuscrits comme des documents de la pratique, on souhaite dégager l'organisation logistique qui mobilise l'ensemble des acteurs derrière ses textes répétitifs au style extrêmement sec. En nous attachant à analyser traces et détails, on tente de sentir les difficultés et contraintes qui touchent les consultants et aussi les devins. Dans un premier temps, après l'examen du contexte archéologique, nous analysons la composition des rapports divinatoires et sacrificiels en embrassant l'ensemble des textes. Nous traitons ensuite des acteurs (devins, sacrificateurs, scripteurs et clients), des savoir-faire divinatoires et iatromantiques ainsi que des ancêtres et divinités. Nous envisageons en dernier lieu la procédure de fabrication de certains registres divinatoires dans le corpus le mieux conservé. Ce faisant, cette étude entend contribuer à une meilleure connaissance des pratiques divinatoires sans lien directe avec Yijing (Livre des mutations). Dans une moindre mesure, notre recherche vise un examen systématique de l'évolution d'un type de document de la pratique par une communauté des devins exerçant dans un cadre dépourvu d'organisation officielle relative à cette pratique avant l'unification de la Chine en 221 avant notre ère.