Thèse soutenue

Bactériophages et vésicules extracellulaires du microbiote intestinal : développement de nouveaux outils d’étude et rôles dans les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI)

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Auteur / Autrice : Romain Sausset
Direction : Marianne De PaepeLuisa de SordiMarie-Agnès Petit
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Microbiologie
Date : Soutenance le 30/06/2022
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Agriculture, alimentation, biologie, environnement, santé (Paris ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Référent : AgroParisTech (France ; 2007-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Biosphera (2020-….)
Laboratoire : Microbiologie de l'Alimentation au Service de la Santé humaine (Jouy-en-Josas)
Jury : Président / Présidente : Pascale Boulanger
Examinateurs / Examinatrices : Amanda Andriola Silva Brun-Graeppi, Claire Le Marrec, Benoit Chassaing, Henri-Gérard Duboc
Rapporteurs / Rapporteuses : Amanda Andriola Silva Brun-Graeppi, Claire Le Marrec
DOI : 10.70675/cbe2ca53z6c38z4615zafe0z731fbdda12a4

Résumé

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Bien que répandues dans les pays développés, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), qui incluent la maladie de Crohn, ne sont que partiellement comprises. Si leurs symptômes sont désormais bien connus, ces pathologies sont difficiles à diagnostiquer chez les patients, du fait de l’absence de biomarqueur et de notre méconnaissance concernant l’étiologie de celles-ci. Il est cependant communément admis que ces pathologies s’accompagnent de déséquilibres du microbiote intestinal, appelés dysbioses. Qu’elles soient à l’origine ou la conséquence des MICI, ces dysbioses, majoritairement étudiées par métagénomique, ne concernent pas uniquement les bactéries du microbiote intestinal. En effet, les phages, prédateurs naturels des bactéries, pourraient, comme quelques publications en font l’hypothèse, jouer un rôle dans la maladie de Crohn.L’objectif principal de ma thèse aura été de dénombrer les phages, ainsi que les vésicules extracellulaires (VE), également potentiellement impactées au cours des MICI, dans les selles d’individus sains et de patients atteints de la maladie de Crohn, afin de mieux comprendre leurs rôles dans cette maladie.Dans un premier temps, j’ai optimisé un protocole basé sur l’utilisation de la microscopie par épifluorescence pour le dénombrement des Virus Like Particles (VLPs), qui, dans le microbiote intestinal, correspondent en majorité à des phages. Les selles d’individus sains et de patients atteints de la maladie de Crohn en période de poussée ou de rémission ont ainsi été analysées. Le ratio VLPs/bactérie s’est ainsi révélé être 100 plus élevé chez les patients en poussée par rapport aux individus sains, suggérant que les phages intestinaux sont beaucoup plus nombreux chez les patients en poussée.J’ai également mis au point un protocole d’énumération des vésicules extracellulaires, en utilisant le Videodrop (Myriade), un nouveau dispositif optique basé sur l’Interferometric Light Microscopy (ILM). La mise au point de ce protocole de dénombrement aura été l’occasion de comparer les performances du Videodrop à deux appareils reposant sur l’utilisation d’une technologie proche, le Nanoparticle Tracking Analysis (NTA). Bien qu’ayant un seuil de détection plus élevé que les appareils NTA, ce qui fait qu’une partie des vésicules ne peut pas être détectée, le Videodrop s’est révélé être le plus pratique et le plus rapide d’utilisation des trois appareils testés. Une augmentation d’un facteur trois de la médiane des ratio VE/bactérie a été observé dans le groupe des patients en phase de poussée par rapport aux individus sains.Les résultats obtenus au cours de cette thèse mettent en lumière l’augmentation du nombre de particules virales dans les selles des patients atteints de la maladie de Crohn au cours des phases de poussée. Plusieurs hypothèses, qui restent à être vérifiées, pourraient expliquer ces résultats. Premièrement, il est possible que l’inflammation intestinale soit inductrice de prophages initialement présents au sein du microbiote. D’autre part, une soudaine multiplication de virus dans le microbiote intestinal pourrait conduire à une poussée inflammatoire. Si cette augmentation du ratio VLPs/bactérie est spécifique de la maladie de Crohn, ce qui reste à investiguer, cela pourrait permettre, à terme, la mise au point d’un nouveau marqueur de cette pathologie.