Thèse soutenue

Caractérisation des récepteurs de l'octopamine et des récepteurs olfactifs chez l'abeille Apis mellifera et des récepteurs de l'octopamine chez le Varroa destructor.

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Auteur / Autrice : Anaïs Bertaud
Direction : Pierre CharnetMichel VivaudouJean-Baptiste Thibaud
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Soutenance le 15/12/2022
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des Biomolécules Max Mousseron (Montpellier)
Jury : Président / Présidente : Jean-Christophe Sandoz
Examinateurs / Examinatrices : Valérie Raymond-Delpech
Rapporteurs / Rapporteuses : Bruno Lapied, Steeve Hervé Thany
DOI : 10.70675/4470d1f4z9542z4267za9bbz4a5f096fe4ee

Résumé

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Des travaux scientifiques montraient que 70 à 80 % des insectes volants avaient disparu en 30 ans. Plusieurs études ont ensuite confirmé et étendu ces résultats aux poissons et aux oiseaux, espèces étant au sommet de la chaine alimentaire, et à plusieurs endroits de la surface du globe. La cause principale, même si elle n'est pas exclusive, en avait été attribuée aux pesticides de manière générale, et plus particulièrement aux insecticides. Ces molécules, le plus souvent neurotoxiques, sont utilisées en épandage dans les champs, en enrobage des semences, et en produits vétérinaires ou domestiques sous forme de pulvérisateurs contre les moustiques, les fourmis, les frelons… A l'heure actuelle, ils sont présents en tout lieu, tels que les champs, les rivières ou même l'air. Dès lors qu'ils ne tuent pas rapidement les insectes via des doses massives, ils peuvent via des doses plus faibles, affecter durablement le vol, la locomotion, l'olfaction, la mémoire des insectes qui sont exposés ; voire dans le cas des insectes eusociaux comme les abeilles Apis mellifera, affecter la colonie, en modifiant la production ou la détection des phéromones qui en assurent le bon fonctionnement, allant jusqu'à la mort. Leurs cibles principales chez les insectes sont les canaux ioniques synaptiques (canaux voltage-dépendant : sodiques et calciques, canaux ouverts par des ligands : GABAergiques ou nicotiniques), pouvant induire une surstimulation ou un blocage, devenant rapidement létaux... Les études scientifiques qui analysent les perturbations induites pas ces molécules s'intéressent le plus souvent à leurs cibles moléculaires directes, et relativement peu aux autres acteurs des fonctions physiologiques décrites plus haut, souvent parce que ces autres acteurs sont encore peu connus et/ou peu décris dans la littérature.L'étude réalisée au cours de ces trois années de thèse était principalement focalisée sur deux de ces acteurs : les récepteurs de l'octopamine (OctR), qui sont des récepteurs couplés aux G protéines et qui jouent des rôles importants dans la fonction cardiaque, l'olfaction et/ou la mémoire ; et les récepteurs olfactifs (OR), qui constituent l'étape primordiale de la détection des odeurs. Dans les deux cas, le clonage ou le reclonage de ces récepteurs chez l'abeille Apis mellifera et/ou le Varroa destructor, qui est un parasite important de la ruche, a été réalisé, avec la mise au point des conditions expérimentales de leur expression dans l'ovocyte de Xénope. Des expériences de voltage-imposé à double micro-électrode ont alors permis d'analyser leurs propriétés biophysiques et pharmacologiques. Les résultats de leur caractérisation ont permis de mettre en évidence plusieurs voies de signalisations intracellulaires stimulées par l'activation des OctR via différentes protéines G, incluant la production d'AMPc et/ou d'IP3, mais aussi la présence d'une conductance indépendante des protéines G, qui reste à déterminer. La spécificité de la stimulation de ces voies est dépendante du récepteur, mais aussi, du ligand utilisé.L'analyse de 10 ORs (dont 9 étant orphelins), structurellement représentatifs de la diversité des ORs du clade à 9 exons (surexprimé chez les mâles et les ouvrières), montre que la sous-unité constitutive Orco n'est pas grandement sensible au VUAA1 chez l'abeille Apis mellifera, contrairement à celle de drosophile Drosophila melanogaster. L'hétérotétramère Orco/OR possède un pore de structure différente que l'homotétramère Orco, suggérant la formation réelle de l'hétérotétramère. En dehors de AmOR11, qui a été étudié en présence de 9-ODA, phéromone spécifique de cet OR et sécrétée par les mandibules de la reine demeurant importante dans l'attraction de ces congénères, les 9 autres ORs semblent former des hétérotétramères avec Orco, de par leur sensibilité au VUUA1, cependant, aucun d'entre eux n'a malheureusement pu être déorphanisés avec les molécules d'intérêts que nous avions choisi dans cette étude.