Thèse soutenue

Censura. De la magistrature à la vertu : censure et pouvoirs censoriaux du IIe siècle av. n. è. au IVe siècle de notre ère

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Auteur / Autrice : Noémie Lemennais
Direction : Stéphane Benoist
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire romaine
Date : Soutenance le 12/03/2022
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : HALMA-Histoire, archéologie et littérature des mondes anciens (Villeneuve d'Ascq, Nord ; 2006-....)
Jury : Président / Présidente : Anne Daguet-Gagey
Examinateurs / Examinatrices : Anne Gangloff, Nicholas Purcell
Rapporteurs / Rapporteuses : Anne Daguet-Gagey, Frédéric Hurlet

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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« Censura. De la magistrature à la vertu. Censure et pouvoirs censoriaux du IIe siècle avant notre ère au IVe siècle de notre ère » a pour objectif d’étudier une magistrature précise de la République romaine, la censure, mais aussi ses devenirs multiples sous l’empire romain. L’historiographie de la censure s’est longtemps concentrée sur l’époque républicaine, et encore plus précisément sur le champ politique de la censure à travers le census et les questions de lectio senatus et de regimen morum. Les aspects urbains et édilitaires de la censure n’ont été que très peu étudiés au sein de l’historiographie, de même que son rôle fiscal. Chaque responsabilité censoriale est étudiée séparément et intégrée dans un autre domaine de recherche. Il manque une étude plus générale mettant en perspective l’ensemble de ces éléments, ainsi qu’une remise en cause de la chronologie censoriale traditionnelle héritée de Th. Mommsen, pour qui l’histoire de la censure s’arrêtait au milieu du Ier siècle av. n. è. Une histoire de la censure est possible en dépassant les descriptions présentant les censeurs comme des défenseurs du mos maiorum. Il est nécessaire de revenir aux sources, mais aussi sur leurs processus de production qui participent tout autant à l’histoire de la censure. Il convient de s’interroger sur la réelle part de latitude dont disposaient les censeurs dans l’exercice de cette magistrature, ce qui nécessite d’inclure une articulation entre censure et censeur, entre la magistrature et ces magistrats qui la font vivre. L’historiographie a pendant trop longtemps séparé les deux aspects. De même, l’histoire de la censure est paradoxalement possible au-delà de la période républicaine en s’interrogeant sur les modalités d’intégration de la censure dans les pouvoirs impériaux et les conclusions qui en découlent afin de saisir les mutations politiques, mais également sociales et culturelles, observées durant cette période. C’est pour cette raison que notre recherche entend la censure au sens large et non pas seulement au sens institutionnel, visant à offrir le visage le plus complet possible de ce que le mot censura revêtait pour les Romains. Au-delà des questions techniques autour de la réalisation du census, se pose plus largement la question du rôle de la censure dans la construction de l’identité civique romaine. Lorsque l’on étudie ensemble toutes les activités censoriales, c’est finalement tout ce qui organise la société dans la Rome républicaine qui apparaît. Plus largement, ce qui interroge ici c’est la question du lien entre la censure et la res publica. La censure constitue une grille de lecture possible des mutations multiples s’opérant de la fin de la République jusqu’à l’époque impériale, mutations touchant aussi bien les institutions, et plus largement le corps social. C’est ainsi que nous abordons les relations multiples qui unissent la magistrature à Rome, pour ensuite étudier les processus de mise en place d’une « censure impériale ». Nous faisons remonter ce processus de constitution dès le Ier siècle en étudiant les rapports de personnalisation qu’ont entretenus les principaux imperatores. C’est aussi l’occasion de revenir sur la dimension censoriale du pouvoir impérial augustéen et la rupture qu’elle constitue. Enfin, nous revenons sur une typologie de l’action impériale de Tibère jusqu’à Stilicon. La dernière partie du ce travail de recherche s’attelle à étudier la disparition progressive du terme censor qui est remplacé par la censura à la fin de notre période. Cette mutation profonde, révélatrice de plusieurs changements politiques, sociaux et surtout culturels, prend ses racines dans les processus de constructions et surtout de reconstructions de l’image censoriale sur plusieurs siècles, s’étendant de la République à l’Empire.