Le temps va-t-il disparaitre ? La doctrine d’Anaximandre sur la durée du monde et la durée des choses
Auteur / Autrice : | Luan Reboredo Lemos |
Direction : | Rossella Saetta Cottone |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Études grecques |
Date : | Soutenance le 07/11/2022 |
Etablissement(s) : | Sorbonne université en cotutelle avec Universidade federal do Rio de Janeiro |
Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris ; 2000-....) |
Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches sur la pensée antique (Paris ; 2002-....) |
Jury : | Président / Présidente : Fernando José de Santoro Moreira |
Examinateurs / Examinatrices : Luís-Felipe Bellintani-Ribeiro, Claire Louguet, André Laks | |
Rapporteurs / Rapporteuses : Miriam Campolina Diniz Peixoto, Philippe Rousseau |
Résumé
À partir d’une lecture contextualisée du fragment DK12B1, cette étude montre que la cosmologie d’Anaximandre de Milet était caractérisée par un modèle de temporalité linéaire qui exclut l’idée que l’univers va se détruire un jour. Si la doxographie attribue cette thèse à Anaximandre et en déduit qu’il croyait à l’existence d’une infinité de mondes (successifs ou coexistants), c’est par une mauvaise compréhension du témoignage de Théophraste, qui n’affirme nulle part que chez lui l’univers entier va se détruire et retourner à la substance infinie. Contrairement à ce que prétendent certains interprètes modernes, cette idée n’est pas non plus exprimée dans DK12B1. Lu attentivement, ce fragment exprime simplement que la génération et la corruption des étants sous les enveloppes célestes sont provoquées ou réglées, directement ou indirectement, par le mouvement de la révolution céleste. Identifié au temps, ce mouvement est un principe régulateur du conflit des opposés et est entretenu par le mouvement éternel de la substance infinie, ce qui exclut la possibilité de cataclysmes universels. En ce qui concerne la permanence des choses, l’univers d’Anaximandre se divise en trois niveaux : au premier, embrassant tout, se trouve la substance infinie primordiale, éternelle, sans origine ni fin ; au deuxième niveau se trouve ce qui a été engendré et est impérissable (les astres, reconnus comme des dieux) ; le troisième niveau comprend tous les étants terrestres qui sont engendrés et qui périssent. À tous les niveaux, l’état actuel de l’univers est caractérisé par une stabilité périodique et rien ne semble indiquer la perturbation de cet ordre.