Thèse soutenue

Etude comparative de la maîtrise de la variation à un stade précoce chez des sujets natifs et non natifs dans les Pyrénées-Orientales

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Auteur / Autrice : Maï Leray
Direction : Mireille BilgerHenry Tyne
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage
Date : Soutenance le 30/09/2022
Etablissement(s) : Perpignan
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale INTER-MED (Perpignan ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche sur les Sociétés et Environnements en Méditerranées (Perpignan)
Jury : Président / Présidente : Emmanuelle Canut
Examinateurs / Examinatrices : Catherine Schnedecker, Claudine Garcia-Debanc
Rapporteurs / Rapporteuses : Martin Howard, Frédéric Sabio

Résumé

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Dans cette thèse, nous nous interrogeons sur la maîtrise du français parlé par de jeunes locuteurs du point de vue des usages. L’objectif est d’apporter un éclairage nouveau sur cette question en nous penchant sur des publics d’enfants d’origine et de langue maternelle différentes. Avec pour principale hypothèse que l’insertion particulière de chaque locuteur dans la langue et la culture cibles peut s’objectiver à travers l’étude linguistique de sa « compétence sociolinguistique », c’est-à-dire de sa palette variationnelle, nous proposons de bâtir une étude comparative, tentant de démêler les différents facteurs qui aboutissent à une maîtrise plus ou moins variable de la langue. Le corpus d’étude, réalisé dans des écoles primaires des Pyrénées-Orientales, est constitué d’enregistrements de quinze élèves de CM2, soit : 5 locuteurs de français monolingues, 5 locuteurs de français bilingues scolarisés en France depuis plus de cinq ans (dont le ou les deux parents sont anglophones) et 5 apprenants scolarisés en France depuis moins d’un an (ayant pour langue d’origine le portugais, l’anglais ou l’espagnol). Les productions sont issues d’entretiens semi-directifs avec le chercheur, de tâches narratives à partir d’un support imagé sans texte et de séances de jeu entre pairs, et totalisent 127 340 mots pour une durée de 15h. Du point de vue méthodologique, le choix des faits de langue soumis à l’analyse repose sur une double démarche avec, d’une part, la prise en compte des phénomènes en fonction de leur fréquence dans les données recueillies et, d’autre part, la considération de variables dites « sociolinguistiques » et de témoins « classiques » de l’acquisition. Cette combinaison d’approches, plus inductive que celle que l’on trouve habituellement dans l’étude des productions d’enfants, nous permet ici d’aborder la variation sous un spectre large allant de la syntaxe (avec les études sur parce que et sur des types de sujets) au discours (par l’étude des paroles rapportées) en passant par les marques pragmatiques (comme (et) tout (ça)), la morphosyntaxe (avec le ne de négation), les modes de production (avec l’étude des disfluences lexicales et de la fluence temporelle) ou encore le lexique, la morphologie et l’opposition tu/vous (entres autres). En termes d’analyse, l’ensemble des phénomènes est soumis à une description qualitative et quantitative/distributionnelle selon des paramètres à la fois situationnels et acquisitionnels ; concernant les faits de syntaxe, les analyses se situeront plus précisément dans le cadre de l’Approche Pronominale (Blanche-Benveniste et al., 1987, 1990). À l’issue de ces analyses, nous établissons une échelle de mesure de la variation décrivant en détail comment se traduit la maîtrise des différents groupes d’enfants, contribuant ainsi aux recherches en cours concernant l’acquisition de la langue (L1 et L2) et à celles portant plus spécifiquement sur la description du français parlé par de jeunes locuteurs.Les résultats de ce travail permettent d’élaborer par ailleurs des propositions concrètes pour l’enseignement/apprentissage sur corpus (ou « data-driven learning ») dans le cadre du FLE et du FLSco, voire du FLM, et d’avancer ainsi sur la question de la sensibilisation à la variation.