Thèse soutenue

L'art contemporain entre et au-delà des genres et des sexes : la création d'un genre non binaire de la fin des années 1960 à nos jours

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Auteur / Autrice : Quentin Petit Dit Duhal
Direction : Thierry DufrêneThérèse Saint-Gelais
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance le 28/06/2022
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Histoire des arts et des représentations (Nanterre)
Jury : Président / Présidente : Elvan Zabunyan
Examinateurs / Examinatrices : Thierry Dufrêne, Thérèse Saint-Gelais, Elvan Zabunyan, Anne Creissels, Damien Delille
Rapporteurs / Rapporteuses : Elvan Zabunyan, Anne Creissels

Résumé

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Si le statut de l’artiste a été historiquement pensé au masculin puis revu par un intérêt pour des artistes femmes, cette thèse examine la construction artistique d’une non-binarité de genre. Est postulé ici que les pratiques corporelles non binaires issues du champ social sont observables dans l’art à travers le travail de transformation de soi : notre hypothèse suppose que la subversion des genres réside au cœur de la création, se recoupant avec le bouleversement des pratiques artistiques dans la seconde moitié du XXe siècle, comme le renouvellement des médiums traditionnels par le corps et les nouvelles technologies, et l’insubordination à une esthétique ou un style précis. Cette thèse cherche alors à démontrer que la réinterprétation des figures non binaires historiques (androgyne platonicien, Hermaphrodite ovidien) et l’élaboration de nouvelles figures hybrides (cyborgs, mutants) répondraient au trouble des genres produit par l’évolution scientifique et l’obsolescence des structures psychiatriques contemporaines. Il s’agit ainsi d’examiner les différents codes de représentation d’un genre non binaire en adoptant une approche transdisciplinaire, avec principalement les études queer et le cadre épistémologique des savoirs situés, tout en s’appuyant sur la médecine, l’anthropologie et le droit. À travers le traitement d’une centaine de sources de natures variées et de différents fonds, cette étude est menée sous trois perspectives : la représentation de l’intime comme contestation des normes de genre ; la mise en scène d’une métamorphose du corps de l’artiste en corpus ; la construction d’un genre nomade entre transidentité et indétermination.