Thèse soutenue

Evolution et évaluation de l'alignement dans les prothèses totales de genou

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Auteur / Autrice : Elliot, Thomas Sappey-Marinier
Direction : Sébastien LustigLaurence Chèze
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biomécanique
Date : Soutenance le 11/01/2022
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Mécanique, Energétique, Génie Civil, Acoustique (Villeurbanne ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : établissement opérateur d'inscription : Université Claude Bernard (Lyon ; 1971-....)
Laboratoire : Laboratoire de Biomécanique et Mécanique des Chocs
Jury : Président / Présidente : Elvire Servien
Examinateurs / Examinatrices : Sébastien Lustig, Matthieu Ehlinger, Jean-Noël Argenson
Rapporteurs / Rapporteuses : Matthieu Ehlinger, Jean-Noël Argenson

Résumé

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La prothèse totale de genou (PTG) est une intervention fréquente en orthopédie. Lors de la réalisation de la PTG, l’objectif était d’obtenir un alignement mécanique (AM) systématique à 180°. Cette technique permet d’obtenir un membre rectiligne diminuant les contraintes articulaires et in fine améliorant la survie des implants. Malgré les avancées technologiques, les résultats des PTG restent imparfaits. Bien que la survie soit très bonne à long terme, jusqu’à 20% des patients ne sont pas satisfaits de leur prothèse. Pour tenter d’améliorer ces résultats, de nouvelles propositions personnalisées d’alignement des implants ont été développées. Nous avons commencé par essayer de mieux comprendre l’alignement coronal fémoro-tibial d’une population arthrosique en montrant son importante variation individuelle et ses différences avec une population non arthrosique. Nous avons ensuite détaillé les différentes possibilités d’alignement personnalisé. Le but de l’alignement cinématique (AC) est de restaurer l’anatomie et l’équilibrage du genou pré-arthritique à partir de repères osseux. L’alignement fonctionnel, possible avec assistance robotique, adapte en peropératoire le positionnement des implants prothétiques selon l’anatomie et la laxité ligamentaire constitutionnelles. Nous avons réalisé une revue systématique comparant les résultats après PTG entre AC et AM. L’AC apparaissait comme une technique envisageable et alternative à l’AM. Une nouvelle classification radiologique CPAK d’AC a été décrite considérant l’alignement coronal et l’obliquité de l’interligne après PTG. Nous avons comparé l’alignement coronal obtenu avec cette méthode à des radiographies dynamiques en valgus compensant l’usure cartilagineuse et la laxité ligamentaire. Nous avons trouvé des résultats similaires indiquant que l’AC évalué avec la classification CPAK permettrait d’anticiper l’alignement fonctionnel sur l’espace en extension du genou. Nous avons comparé les résultats cliniques après PTG en fonction de la restauration ou non des différentes catégories de la classification CPAK. Nous avons trouvé que l’AM ne restaure pas le phénotype du genou dans la majorité des cas. Aussi, nous avons montré moins de douleurs post opératoires lorsque l’interligne après PTG était maintenue par rapport au préopératoire. Enfin, la majorité des études présentant les résultats de PTG avec AC sont réalisées avec des prothèses à conservation du ligament croisé postérieur. Or, nous utilisons une PTG postéro-stabilisée (PS). Nous avons donc comparé les résultats entre AM et AC en utilisant une PTG PS par un système plot-came. Nous avons trouvé un risque augmenté de descellement tibial aseptique dans le groupe cinématique potentiellement expliqué par des forces de cisaillement exercées sur le plot tibial. Plusieurs études ont évalué le schéma de marche des patients afin d’obtenir un examen plus objectif sur la récupération fonctionnelle en post opératoire de prothèses de genou. L’objectif était d’évaluer la récupération d’un schéma de marche le plus proche possible de celui d’un genou natif. Nous avons initié une étude prospective randomisée comparant l’analyse de la marche chez des patients opérés de PTG type « medial-pivot » avec AM versus AC. Les objectifs étaient de comparer l’analyse de la marche, les résultats cliniques et radiologiques pour 52 PTG dans chaque groupe à un recul minimum de 12 mois. Nous avons donc montré que l’AC permettait d’obtenir de bons résultats cliniques et radiologiques. L’AC déterminé à partir de repères osseux semble correspondre à l’alignement fonctionnel en extension. En revanche, l’assistance robotique nous a permis de réaliser que le comportement ligamentaire était différent en flexion et que l’AC ne permettait pas d’obtenir un bon équilibrage ligamentaire en flexion dans tous les cas. L’évaluation du schéma de marche après PTG implantées avec assistance robotique selon l’alignement fonctionnel serait intéressante.