Thèse soutenue

Percer le corps à jour : images et spectacles du corps ouvert dans les récits naturalistes du second XIXe siècle, 1857-1914

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Auteur / Autrice : Laure-Hélène Tron-Ymonet
Direction : Gilles Bonnet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Lettres mention langue et littérature françaises
Date : Soutenance le 29/11/2022
Etablissement(s) : Lyon 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Marge (Lyon ; 2002-....)
Jury : Président / Présidente : Bertrand Marquer
Examinateurs / Examinatrices : Bertrand Marquer, Nicolas Wanlin, Alexandre Wenger, Claire Barel-Moisan, Céline Grenaud
Rapporteurs / Rapporteuses : Nicolas Wanlin, Alexandre Wenger

Résumé

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La naissance de la clinique à la fin du XVIIIe siècle et l’apparition du naturalisme au second XIXe siècle permettent de réinterpréter les liens qu’entretiennent médecine et littérature. Alors qu’un partage entre les disciplines a été établi, toutes deux demeurent en réalité liées par leur volonté d’observer et d’écrire le corps. Plus encore, les médecins comme les écrivains sont poussés par une pulsion scopique qui les amène à examiner les différentes ouvertures corporelles, voire à les provoquer. Une fois ouvert, le corps révélerait un certain nombre de connaissances et de vérités. Le corps ouvert est sémantiquement surinvesti et son expression ne peut que miner l’objectivité réclamée par le positivisme. Incapables de rester neutres devant un tel objet, les médecins insèrent des images et des effets rhétoriques au sein de leurs textes. Ces derniers nourrissent ainsi une littérature spécialisée en même temps qu’ils croisent la littérature, c’est pourquoi ils peuvent se soumettre aux méthodes de l’exégèse littéraire. Si les écrivains naturalistes tentent, de leur côté, d’adopter les principes de la nouvelle médecine, leurs écrits sont tributaires des résistances que la discipline rencontre. Ils achoppent donc à leur tour contre le corps ouvert, objet fascinant et terrifiant. En somme, orifices, plaies et opérations chirurgicales reflètent les ambitions et les peurs partagées par le médecin et le romancier, tous deux renouvelant, via leurs textes, les représentations et les spectacles des chairs, de la société et des êtres qui entendent les maîtriser.