Thèse soutenue

Jean de Bertier (1877-1926) : des confins de la Lorraine aux ors de la République : parcours d'un aristocrate à la croisée du militaire, du politique et de l'économique

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Auteur / Autrice : Stephane Einrick
Direction : François Audigier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance le 28/11/2022
Etablissement(s) : Université de Lorraine
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Humanités Nouvelles - Fernand Braudel (Lorraine)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche Universitaire Lorrain d’Histoire
Jury : Président / Présidente : Julie d' Andurain
Examinateurs / Examinatrices : François Audigier, Christoph Brüll, Olivier Dard, Pascal Raggi, Alice Bravard, Machteld Venken
Rapporteurs / Rapporteuses : Christoph Brüll, Olivier Dard

Résumé

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L'étude des archives privées du château de Lagrange (Moselle, France) permet d'écrire la biographie de Jean de Bertier et de l'inscrire dans le cadre de l'évolution d'une dynastie de la noblesse, sur une centaine d'années (vers 1840-1940). Il en ressort le primat de l'économique. Jean de Bertier montre une grande faculté d'adaptation aux évolutions conjoncturelles et structurelles, en diversifiant le patrimoine familial. Face à l'inflation, il le réoriente vers les actions industrielles, notamment sidérurgiques, en renforçant ses investissements dans l'ARBED. Face à l'imposition, il joue des possibilités offertes par les frontières pour développer un patrimoine transnational dans lequel le Luxembourg tient une place majeure. S'il ne peut empêcher une forte réduction de la fortune familiale, inévitable au vu du contexte, ses efforts lui permettent toutefois de conserver la place de la famille dans la hiérarchie des patrimoines. Les Bertier poursuivent ainsi le mode de vie aristocratique caractéristique du grand monde. L'engagement de Jean de Bertier dans l'armée correspond aussi à la perpétuation du système de valeurs nobiliaires promouvant le service et le patriotisme. L'analyse de sa carrière militaire confirme le grand légalisme de l'armée à la Belle Époque. Elle révèle le développement, pendant la Première Guerre mondiale, des missions souvent mal connues de la liaison, du renseignement et de l'instruction. La Grande Guerre et ses conséquences constituent une rupture majeure dans la vie de Jean de Bertier. Il démissionne de l'armée pour s'engager dans les années 1920 dans une carrière politique, dans le cadre spécifique de l'Alsace-Lorraine redevenue française, et plus particulièrement du département de la Moselle. Suivre Jean de Bertier montre l'importance primordiale, pour tout élu, du travail d'intercession et de recommandation, ainsi que le côté primordial de la défense des intérêts locaux. Il montre une fois encore sa capacité d'adaptation, par son intégration réussie dans des réseaux en essor (parti local URL, presse) et par une pratique politique modérée tempérant des idées restées très conservatrices. Son élection au Sénat en 1922 couronne sa carrière politique. Elle ne lui donne cependant pas l'envergure du plus célèbre de ses collègues, Robert Schuman. Faux rivaux, les deux hommes évoluent dans le même espace transnational, centré sur la Moselle et le Luxembourg, sans en avoir la même conception ni les mêmes pratiques.