« If you feel like a lady... » : médiations féministes des musiques DIY dans une scène globalisée
| Auteur / Autrice : | Louise Barrière |
| Direction : | Olivier Goetz |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Arts |
| Date : | Soutenance le 14/10/2022 |
| Etablissement(s) : | Université de Lorraine |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Humanités Nouvelles - Fernand Braudel (Nancy ; 2013-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire lorrain de sciences sociales (Metz ; 20..-2023) |
| Jury : | Président / Présidente : Catherine Deutsch |
| Examinateurs / Examinatrices : Olivier Goetz, Maxime Cervulle, Emilie Da Lage-Py, Line Grenier | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Maxime Cervulle, Emilie Da Lage-Py |
Mots clés
Résumé
Si la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les industries musicales a fait l'objet d'une médiatisation plutôt récente, ces thématiques sont traitées de front depuis plusieurs décennies par des scènes musicales dites « Do-It-Yourself » (DIY). Parmi les initiatives qui y fleurissent, les Ladyfests apparaissent aux États-Unis à l'aube des années 2000 et proposent des programmations mêlant débats, conférences, ateliers de pratiques musicales et concerts. Elles investissent ainsi une lutte des représentations et favorisent la constitution d'un contre-public féministe au sein de scènes musicales dominées par des hommes.Cette thèse s'intéresse à leur circulation dans deux pays européens, la France et l'Allemagne, et interroge la manière dont s'articulent identités (collectives, politiques) et représentations musicales dans une scène globalisée. Le plan suit un modèle théorique développé par l'ethnomusicologue Timothy Rice, qui suggère que toute culture musicale est historiquement ancrée, socialement maintenue et individuellement reconfigurée. Il s'agit dans un premier temps d'observer la formation de lignées féministes qui font circuler des préoccupations militantes et culturelles dans des logiques à la fois transgénérationnelles et transnationales. Il est ensuite question de cerner les logiques de programmation des Ladyfests, entre lutte contre les rôles de genre dans les pratiques musicales, recherche d'une esthétique musicale féministe et éducation non-formelle. Plus encore, les Ladyfests y sont pensées comme des médiations féministes des musiques populaires, en ce qu'elles fournissent un contexte de lecture des œuvres qui favorisent l'émergence d'un sous-texte féministe, parfois à l'encontre des volontés mêmes des artistes. Enfin, les reconfigurations individuelles sont pensées à l'aune des théories queer et des migrations post-coloniales, ce dernier point venant nuancer la blanchité apparente d'une scène inspirée du punk.Ces questions sont traitées au croisement des cultural studies, des sciences de l'information et de la communication et de l'ethnomusicologie, en s'appuyant tant sur un terrain ethnographique que sur un corpus d'archives web. Ces méthodes prennent en compte la double médiation opérée par les festivals depuis les années 2000, articulant le « live » à une médiatisation majoritairement numérique.