L’ingouvernable à l’âge de l'édition du génome : une analyse comparée des politiques des nucléases en Europe, aux États-Unis et en Chine
| Auteur / Autrice : | Guillaume Levrier |
| Direction : | Virginie Tournay |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Soutenance le 08/11/2022 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches politiques de Sciences Po (Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Dominique Reynié |
| Examinateurs / Examinatrices : Virginie Tournay, Olivier Giraud, Emmanuelle Rial-Sebbag, David Winickoff, Rodolphe Barrangou, Dominique Cardon, Vincent Martigny | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Olivier Giraud, Emmanuelle Rial-Sebbag | |
| DOI : | 10.70675/23e1ea7az1b9cz4576z9cdbze30f9eb74e06 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Comment un processus de création d’une politique publique peut-il être systématiquement mis en échec alors même que les conditions théoriquement nécessaires à sa mise en production semblent être réunies ? Cette étude sur la mise en politique de nouvelles techniques de génie génétique révèle un phénomène de « présomption d’ingouvernabilité ». L’usage de nucléases programmables a permis la naissance d’enfants, d’animaux et de plantes dont le génome a été modifié avec une relative précision. Ces avancées, connues sous le nom d’édition du génome, font l’objet d’enjeux définitionnels considérables qui se traduisent par différentes controverses sociopolitiques. Mais leur confrontation avec des idées du bien commun est invariablement mise en échec. La question de la légitimité de l’État à s’en saisir pour agir en responsabilité ne ressort pas dans le débat public. Cet angle mort fonde la présomption d’ingouvernabilité qui neutralise la possibilité d’une gestion des génomes des organismes vivant sur un territoire. Cette situation apparait comme très paradoxale dans la mesure où les cadres théoriques biopolitiques nous enseignent que le pouvoir souverain repose fondamentalement sur la gestion des corps. L’étude montre que la question du gouvernement de la prévalence de certains allèles dans une population est en dehors de ce que le politique parvient à prendre en charge. Les sociétés étudiées semblent incapables de produire des structures institutionnelles administrant le pouvoir de standardiser des variants.