Leur guerre d’Algérie : enjeux de mémoire dans la socialisation politique des jeunes Français
| Auteur / Autrice : | Paul Max Morin |
| Direction : | Anne Muxel |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique, mention politique comparée |
| Date : | Soutenance le 21/02/2022 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Olivier Ihl |
| Examinateurs / Examinatrices : Anne Muxel, Vincent Martigny, Sylvie Thénault, Denis Peschanski, Todd Shepard | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Martigny, Sylvie Thénault |
Mots clés
Résumé
39% des jeunes âgés de 18 à 25 ans ont aujourd’hui un lien familial avec une personne affectée par la guerre d’Algérie. Sur la base d’une enquête auprès de 3 000 jeunes et de 75 entretiens avec des petits-enfants d’appelés, de pieds-noirs, de harkis, de juifs d’Algérie, de militants au FLN ou à l’OAS, la thèse permet de faire le constat de ce que les jeunes savent et retiennent de ce passé, de ce qui a été transmis dans les millions de familles affectées par cette histoire, et de la façon dont cette nouvelle génération interprète, négocie et utilise cette héritage au quotidien. Plus généralement, cette recherche interroge le rôle de la mémoire collective sur la construction identitaire et la socialisation politique des jeunes.Elle démontre que si la transmission familiale détermine un plus fort intérêt des jeunes pour cette histoire et parfois la forme que peuvent prendre certains de leurs récits, le jugement sur le passé reste quant à lui d’abord déterminé par l’orientation politique et la teneur de la socialisation politique familiale. Les jeunes descendants se distinguent par une relation intime à ce passé, des questionnements identitaires propres et une politisation plus marquée. Mais les antagonismes dans le rapport au passé relèvent davantage du clivage gauche-droite. La permanence du racisme, de l’antisémitisme et le rapport à l’immigration et à l’altérité constituent l’héritage politique principal de l’histoire algérienne de la France. Ils restent pour une minorité de jeunes politisés une source de clivage et des vecteurs de politisation. Cependant, dans sa grande majorité, la nouvelle génération nous projette déjà dans un rapport plus apaisé au passé.