Épigraphie des limites : l'Italie Romaine et la définition épigraphique des fines civitatum : de l'ère rèpublicaine à Dioclètien
| Auteur / Autrice : | Luca Veroni |
| Direction : | Gian Luca Gregori, Michel Tarpin |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance le 23/09/2022 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes en cotutelle avec Università degli studi La Sapienza (Rome) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble ; 2001-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire universitaire histoire cultures Italie Europe (Grenoble, Isère, France ; 2016-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Elvira Migliario |
| Examinateurs / Examinatrices : Maria Letizia Caldelli, Francesca Cenerini, Marie-Claire Ferriès | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Sabine Lefebvre, Simona Antolini, Silvia Evangelisti |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Les études au sujet de la délimitation dans le monde romain ont été particulièrement dynamiques ces dernières années, mais trop peu a été fait dans le cadre de l’épigraphie. Outre l’absence d’un catalogue complet des inscriptions, il manquait jusqu’aujourd’hui une réflexion théorique préliminaire qui puisse organiser correctement la matière. La présente étude a pris ses débuts en ayant conscience de cela, sans l’ambition de combler entièrement la lacune, mais dans le but d’établir une problématique correcte et de préparer le terrain pour la suite de la recherche. En préparant cette thèse, nous avons eu la possibilité de pousser nos réflexions sur le vaste domaine d’études qui peut être défini comme « épigraphie des limites ». Tout d’abord, il nous a semblé opportun d’établir une typologie de référence des inscriptions de limites structurée selon leur fonction utilitaire d’origine. Il en est résulté un schéma en plusieurs catégories, présenté dans les pages d’introduction.Nous avons décidé de concentrer notre attention sur un territoire précis et sur une catégorie particulière d’inscriptions. D’un point de vue géographique, notre choix s’est porté sur la péninsule italienne. Cette décision a imposé comme limite chronologique plus récente le règne de Dioclétien. Quant à la sélection des textes épigraphiques, le choix s’est porté sur les inscriptions relatives aux fines ciuitatum, anciennement placées pour délimiter le périmètre le plus extérieur des agri des ciuitates de l’Italie romaine. Un corpus de 22 inscriptions a ainsi été élaboré : à 21 termini s’ajoute la célèbre Table du Val Polcevera.Dans le premier chapitre, chaque inscription a été analysée quant à ses données les plus significatives (support, formulaire, contexte topographique et historique). Afin d’insérer ces documents dans un contexte bien défini, nous n’avons pas négligé l’histoire et l’évolution administrative des communautés dont les territoires ont été délimités par des inscriptions.Le deuxième chapitre est consacré à une analyse générale des 21 termini recueillis. L’attention est portée aussi bien sur les caractéristiques extérieures des supports que sur le formulaire des textes épigraphiques. Dans la première section, nous avons proposé une analyse typologique des supports : d’une part les cippes, d’autre part les inscriptions rupestres. Quant au formulaire, cinq éléments ont été identifiés qui figurent plus ou moins souvent dans les textes épigraphiques.Selon nous, le présent travail a le mérite d’avoir tenté pour la première fois un approfondissement de la définition épigraphique des fines ciuitatum dans l’Italie romaine. Le choix de rassembler dans une même étude un matériel en soi homogène a permis de revenir sur d’anciennes questions d’histoire locale et de les reprendre avec une perspective plus ample. En même temps, il a été possible d’identifier et de mettre en évidence certains des usages romains quant à la définition épigraphique des espaces civiques.La présente recherche n’a certainement pas la prétention de combler l’ample lacune précédemment identifiée dans les études épigraphiques contemporaines en matière de limites. Les données que nous avons rassemblées sont à la fois la première expérience et le premier pas vers un recueil général du matériel épigraphique concernant les limites publiques et privées de l’Italie romaine. Il s’agirait donc d’un agrandissement horizontal, visant à élargir la base documentaire vers d’autres types de limites, tout en conservant la structure du fond que nous avons ici tenté de mettre en œuvre. Une telle recherche pourrait ensuite s’orienter en d’autres directions : il serait possible d’une part de tenter un élargissement géographique en incluant d’autres régions de l’empire romain, d’autre part de comparer les données épigraphiques avec les traités des arpenteurs romains, dans le but de vérifier si, et en quelle mesure, les langages propres à ces deux réalites ont des points communs.