« Il faut en passer par là, Michèle ». Enquête ethnographique sur la vie ordinaire de personnes au grand âge dans un village du Béarn.
| Auteur / Autrice : | Michèle Pédezert |
| Direction : | Sophie Chave-Dartoen, Éric Chauvier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Ethnologie - Option Antropologie sociale et culturelle |
| Date : | Soutenance le 31/03/2022 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Talence, Gironde ; 2011-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Passages (Pessac, Gironde ; Pau ; Talence, Gironde) |
| Jury : | Président / Présidente : Cécile Leguy |
| Examinateurs / Examinatrices : Sophie Chave-Dartoen, Éric Chauvier, Cécile Leguy, Chantal Crenn, Bernard Davasse, Anne Doquet | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Cécile Leguy, Chantal Crenn | |
| DOI : | 10.70675/ceac3b57zb0f8z4002z8f99zd780b45aa2ad |
Résumé
J’ai mené une enquête dans le village d’où je viens, sur les devenirs vieux à la maison. Mes vieux voisins et vieilles voisines ont l’âge qu’auraient eu mes parents : ils et elles vivent ce que Vincent Caradec a nommé « l’épreuve du grand âge ». Avec l’usage du paradigme narratif, la thèse analyse les situations que traversent mes interlocuteur·trice·s au village pour vivre leurs vieillesses chez eux·elles. En tant qu’anthropologue indigène, ce travail de terrain est réalisé à partir de conversations, de situations, dans lesquelles l’anthropologue et ses interlocuteur·trice·s sont « engagé·e·s » (Goffman, Gumperz). Par la mise en récit, la description, l’analyse des pratiques langagières, l’étude des anomalies et dissonances, je réalise une anthropologie de l’ordinaire (Chauvier). Il s’agit de saisir au plus près « le vécu du vieillir » de mes interlocuteur·trice·s – depuis leurs derniers jours au village jusqu’à leur fin de vie en EHPAD.Dans une première partie, la thèse s’attache à leur vie en institution. Les situations analysent en détails les moments vécus et le quotidien de mes interlocuteur·trice·s en hébergement collectif. Je les vois découvrir cet univers avec un étonnement singulier. Par quelques retours en arrière ou flashbacks au village, je tente de faire comprendre ce qu’ils·elles traversent et comment chacun·e d’entre eux·elles, dans son parcours, a dû faire ce choix de l’institution. L’étude et la narration détaillées de ce qu’ils·elles vivent et de ce qu’ils·elles me disent, les situations que je vis sur le terrain avec eux·elles, l’attention à leur façon de parler, aux « anomalies » (Chauvier), laissent entrevoir la « vie parodique » que constitue l’EHPAD pour eux·elles, et la manière dont l’institution entend prendre en charge les vies de ceux·celles qu’elle ne cesse de voir comme des « personnes âgées ».Dans une seconde partie, je reviens au village, au début de l’enquête. J’observe cette fois ma propre manière de voisiner avec mes interlocuteur·trice·s. Pour rester vivre à la maison, ils·elles ont contractualisé un certain nombre d’aides qui s’entremêlent avec celles, plus informelles, d’ami·e·s, de parent·e·s et de voisin·e·s. Si l’enjeu est d’étudier ce qu’ils·elles ont mis en place pour vivre leur « grand âge » (Caradec) à domicile, cette deuxième partie met l’accent sur un désir contrarié : celui de « mourir » à la maison et au village. J’y étudie comment un certain nombre de décisions vont à l’encontre de ce désir, et je tente faire le récit de ce parcours qui les mène à mourir en EHPAD.