Thèse soutenue

Adoption en vue de la succession (yoshi) dans les familles guerrières à l'époque d'Edo (XVIIe - XIXe siècles)

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Auteur / Autrice : Yuta Segawa
Direction : Annick Horiuchi
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Asie orientale et sciences humaines
Date : Soutenance le 06/11/2021
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Langue, littérature, image, civilisations et sciences humaines (domaines francophone et anglophone) (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (Paris ; 2006-....)
Jury : Président / Présidente : Matthias Hayek
Examinateurs / Examinatrices : Annick Horiuchi, Matthias Hayek, Guillaume Carré, Isabelle Konuma, Isabelle Robin, Daniel Struve
Rapporteurs / Rapporteuses : Guillaume Carré, Isabelle Konuma

Résumé

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Les guerriers de l'époque d'Edo (1600-1868) recouraient à l'adoption en cas d'absence d'héritier. Du fait de la paupérisation croissante de la classe guerrière, l'adoption motivée par la dot s'est beaucoup répandue. Certains allaient jusqu'à vendre leur statut de guerrier en adoptant des fils issus de riches familles paysannes ou bourgeoises. La thèse se propose d'aborder la pratique de l'adoption sous différents angles. Elle montre que les modalités pouvaient varier selon la taille et le profil du fief, le rang du guerrier, la fonction qu'il occupe dans la hiérarchie, mais aussi selon sa situation financière. La première partie de la thèse étudie les écarts de revenus entre la famille adoptive et la famille de l'adopté selon une approche quantitative, à partir d'un ensemble de données disponibles pour les fiefs de Kiyosue, de Kuwana et d'Oshi. La seconde partie s'intéresse aux réglementations se rapportant à l'adoption, émises par le shogunat et le fief d'Oshi. On peut y observer les concessions que le shogunat a dû concéder au fil des années, afin que les règlements ne soient pas trop éloignés des moeurs des guerriers. La troisième partie aborde l'adoption sous l'angle des mentalités. Il s'agit d'examiner les interrogations et le trouble générés au sein des milieux guerriers par le décalage entre la pratique et les directives en matière d'adoption émanant des autorités. Les deux dernières parties abordent des exemples concrets de réflexions et de stratégies élaborées par des familles en situation de chercher un héritier pour leur lignée. On examinera le cas de Takizawa Bakin, célèbre écrivain de statut marchand, désireux de retrouver son statut de guerrier possédé autrefois par sa famille, qui expose dans son autobiographie Aga hotoke no ki ses pensées, ses conflits intérieurs et les circonstances de l'achat par adoption du statut guerrier pour son petit-fils. Enfin, les archives historiques de la famille Segawa, qui sont analysées ici pour la première fois, permettent de lever le voile sur des aspects très concrets des processus d'adoption. La correspondance des membres de cette famille permet de retracer les démarches effectuées pour trouver un fils adoptif de statut similaire, le souhait de maintenir le lien du sang par le mariage avec la fille de la famille d'adoption, la nature des relations de parenté qui s'instaurent entre la famille de l'adopté et la famille adoptive, et les difficultés d'intégration du fils adoptif dans sa nouvelle famille.