Thèse soutenue

Évaluation et implémentation d’outils d’aide à la prescription antimicrobienne

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Auteur / Autrice : Nathan Peiffer-Smadja
Direction : François-Xavier Lescure
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Recherche sur les services de santé
Date : Soutenance le 17/12/2021
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pierre Louis de santé publique : épidémiologie et sciences de l'information biomédicale (Paris ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Infection, anti-microbien, modélisation, évolution (Paris)
Jury : Président / Présidente : Louis Valiquette
Examinateurs / Examinatrices : Rosy Tsopra Tahiraly, David Morquin
Rapporteurs / Rapporteuses : Louis Valiquette, Marlies Hulscher

Résumé

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La prescription inappropriée d’antimicrobiens impacte la prise en charge des patients et augmente la résistance antimicrobienne. De nombreuses interventions, dites de gouvernance antimicrobienne, ont été développées afin d’optimiser la prescription antimicrobienne. Parmi les interventions étudiées, les outils d’aide à la prescription, qu’ils soient digitaux ou sous format papier, pourraient participer à l’amélioration de la prescription. Ce travail avait pour objectif d’évaluer et d’étendre la mise en place et l’utilisation d’outils existants d’aide à la prescription antimicrobienne en médecine humaine. Antibioclic est un outil électronique gratuit d’aide à la prescription antibiotique, ciblant 37 maladies infectieuses courantes et utilisé quotidiennement par plus de 5000 médecins généralistes en France. Le premier axe de notre travail a consisté en une étude qualitative visant à analyser les bénéfices et les risques potentiels de l’extension d’Antibioclic en Afrique de l’Ouest, ainsi que les obstacles et les facilitateurs à son développement, son adaptation et son implémentation dans ce contexte. Nous avons organisé un atelier au Burkina Faso en juin 2019 qui a rassemblé 47 médecins représentant 9 pays d'Afrique de l'Ouest et 6 spécialités médicales. Les participants ont estimé qu’Antibioclic pourrait améliorer la prise en charge des patients, encourager le développement et la mise à jour de recommandations nationales en antibiothérapie et permettre de développer les capacités de surveillance des pathologies infectieuses en soins primaires. Les participants ont souligné la nécessité d’adapter l’outil à l'épidémiologie locale des maladies infectieuses et de la résistance aux antimicrobiens, en ciblant notamment la tuberculose, le VIH et le paludisme. Il faudra également adapter cet outil à la diversité des structures de soins primaires en Afrique de l’Ouest et à la disponibilité des outils diagnostiques et des antibiotiques. L'obstacle le plus fréquemment cité était le risque potentiel d'augmenter l'automédication. Le deuxième axe de ce travail a visé à étudier le rôle potentiel des pharmaciens de ville dans la gestion des infections urinaires et la prescription antibiotique à travers une étude qualitative portant sur la mise en place d’un livret concernant les infections urinaires élaboré par Public Health England. Des entretiens individuels ont été réalisés avant et après la mise en place du livret dans 16 pharmacies à Londres et des questionnaires détaillés ont été remis à 50 patients. Les pharmaciens ont insisté sur l’importance de leur rôle dans la gestion des infections communautaires et dans la prescription antibiotique, encadrés par des protocoles locaux de prescription. Bien que des obstacles à leur implication aient été identifiés tels que l’absence d’accès au dossier médical, le manque de personnel ou de formation, ces résultats renforcent l’importance des outils d’aide à la prescription ainsi que d’une gestion coordonnée entre pharmaciens et médecins des infections communautaires. Afin d’optimiser les chances de succès de ces outils, les participants des deux études ont encouragé le codéveloppement de l’outil avec toutes les parties prenantes, y compris les infirmières, les sages-femmes et les pharmaciens, fréquemment impliqués dans la prescription d’antimicrobiens en soins primaires. Enfin, nous avons réalisé une revue de la littérature qui a permis de détailler le développement de l’apprentissage dans les outils d’aide à la décision en maladies infectieuses. Ce travail fournit des informations précieuses pour le développement et l’implémentation d’outils d’aide à la prescription antibiotique en soins primaires, aussi bien en Afrique de l’Ouest que dans des pays à revenu élevé. Ces résultats ont permis de codévelopper dans un contexte d’urgence un outil électronique d’aide à la prise en charge de la COVID-19 en Afrique de l’Ouest, qui sera dans un second temps adapté aux autres maladies infectieuses et tropicales.