De l'hostilité à une éthique prophétique de vie : la fabrication de l'ennemi dans le discours libanais sur les Juifs et Israël (1948-2000) et sa reprise critique

par Tidola Abdou

Thèse de doctorat en Sciences religieuses

Sous la direction de Frédéric Rognon et de Gabriel Hachem.

Le président du jury était Karsten Lehmkühler.

Le jury était composé de Roula Talhouk.

Les rapporteurs étaient Michel Younès, Dominique Avon.


  • Résumé

    La thèse aborde la fabrication de l’ennemi Juifs-Israël dans le discours politico-religieux au Liban (1948-2000). Elle analyse celui de quatre figures libanaises chrétiennes et musulmanes, Ḥassan Khaled, Muḥammad Ḥusayn Faḍlallah, Youakim Moubarac et Georges Khodr et ce, sous l’angle de cette fabrication qui mobilise : une idéologie, un discours, des marqueurs d’ennemis et une montée des mécanismes de la violence. Fabriqué dans le discours, l’ennemi peut-il être déconstruit dans le discours par une éthique prophétique ? La première partie de la thèse développe le contexte historique entre 1881-1948. Elle pose un cadre épistémologique et théorique de la fabrication et de l’identification de l’ennemi et expose trois grilles de lecture, politique, socio-culturelle et anthropologique pour analyser les discours ainsi qu’une quatrième grille qui est la nôtre propre inspirée de la théorie de la fabrication de l’ennemi de Pierre Conesa. La deuxième partie présente le discours de chacune des figures libanaises sur l’ennemi Juifs-Israël. Elle étudie les thématiques à partir desquelles la figure de cet ennemi prend forme à savoir : la terre, le peuple et Dieu, ainsi que les représentations et le langage utilisés pour discréditer l’ennemi et les mécanismes de violence qui découlent de cette fabrication. La troisième partie expose la question de la relativisation, voire l’élimination de l’hostilité, à travers des réflexions ou des projets, pour préserver ou restaurer la paix et pour développer les échanges, en associant les secteurs privés et publics. Elle propose une lecture synchronique puis une reprise critique des discours. En repérant des limites dans les discours qui favorisent une fabrication de l’ennemi, l’attention est portée aussi vers des contre-limites afin de proposer des dynamiques de vie qui contribuent à sortir du cercle dans lequel les uns et les autres s’enferment dans l’hostilité envers l’ennemi. Les rivalités mimétiques par rapport à l’identité, la terre et la vérité sont susceptibles d’être éradiquées à travers une éthique prophétique où le désir authentique est recherché dans la confiance en soi et vis-à-vis des autres, où l’hospitalité, celle de Dieu et celle d’Abraham peuvent inspirer des actes d’accueil de l’autre, où la terre peut être à soi-même et partagée et où la connaissance et la reconnaissance de l’autre ouvrent le champ à des relations saines et à la construction d’une société civile juste et équitable. L’ennemi fabriqué dans le discours peut être déconstruit dans le discours par une éthique prophétique de vie.

  • Titre traduit

    From hostility to a prophetic ethic of life : the making of the enemy in the Lebanese discourse on Jews and Israël (1948-2000) and its critical resumption


  • Résumé

    The thesis addresses the misrepresentation of the Jewish-Israeli enemy in the politico-religious discourse in Lebanon (1948-2000). It analyzes four Lebanese Christian and Muslim figures, Ḥassan Khaled, Muḥammad Ḥusayn Faḍlallah, Youakim Mubarac, and Georges Khodr, from the angle of this misrepresentation that mobilizes an ideology, a discourse, markers of enemies, and a rise in mechanisms of violence. Misrepresented in the discourse, can the enemy be deconstructed in the discourse by a prophetic ethic ? The first part of the thesis develops the historical context between 1881-1948. It poses an epistemological and theoretical framework of the misrepresentation and the identification of the enemy and puts forward three keys for understanding, political, socio-cultural and anthropological, to analyze the discourses as well as a fourth key, which is mine, inspired by Pierre Conesa’s theory of the misrepresentation of the enemy. The second part presents the discourse of each of the Lebanese figures on the Jewish-Israeli enemy. It studies the themes from which the figure of this enemy takes shape, namely, the land, the people, and God, as well as the representations and the language used to discredit the enemy and the mechanisms of violence that arise from this misrepresentation. The third part puts forward the question of the relativization, even elimination, of hostility through reflections or projects to preserve or restore peace and to develop exchanges by combining the private and public sectors. It offers a synchronic reading and then a critical resumption of the discourse. By identifying limits in the discourse that promote a misrepresentation of the enemy, the attention is also focused on the counter-limits so as to propose dynamics of life that contribute to breaking the circle in which both parties confine themselves in hostility to the enemy. Mimetic rivalries over identity, land, and truth are likely to be eradicated through a prophetic ethic, where authentic desire is sought in trusting oneself and in others, where hospitality, God’s hospitality and also Abraham’s, can inspire acts to welcome the other, where land can be private and shared, and where knowledge and recognition of the other open the field to healthy relationships and the construction of a just and fair civil society. The misrepresented enemy in the discourse can be deconstructed in the discourse by a prophetic ethic of life.



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