Culture laïque, affirmation identitaire et dévotion : les réécritures en français des Vies des saints gallo-romains et mérovingiens du domaine royal (XIIIe-XVe siècle)
| Auteur / Autrice : | Nolwenn Kerbastard |
| Direction : | Catherine Vincent |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire médiévale |
| Date : | Soutenance le 26/01/2021 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'Histoire Sociale et Culturelle de l'Occident (Nanterre) - Centre d’histoire des sociétés Médiévales et Modernes / MéMo |
| Jury : | Président / Présidente : Franck Collard |
| Examinateurs / Examinatrices : Catherine Vincent, Franck Collard, Bruno Dumézil, Françoise Laurent, Anne-Françoise Leurquin Labie | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Bruno Dumézil, Françoise Laurent | |
| DOI : | 10.70675/52de3124zd184z47b5zaf2bzc345e39660c2 |
Mots clés
Résumé
La fin du Moyen Âge voit naître un vaste mouvement de réécriture dans les langues vernaculaires de textes plus anciens, notamment d'œuvres hagiographiques jusque-là composées en latin. Notre intérêt se porte sur les récits qui, entre le XIIIe et le XVe siècle, adaptent en français les Vitae de vingt-et-un saints gallo-romains et mérovingiens s’inscrivant dans le lointain passé du domaine royal du royaume de France. Il s’agit de cerner les conditions et les milieux d’élaboration de ces adaptations, ainsi que le(s) public(s) visé(s). L’ouverture de certaines œuvres spirituelles à une langue autre que le latin, et en particulier à ces langues « vulgaires » longtemps considérées comme celles du peuple (par opposition au latin des clercs), annonce la volonté de quelques-uns d’offrir les Vies de saints au plus grand nombre. Un nouveau public pour la littérature hagiographique se fait jour, pour qui la médiation du français est indispensable ou simplement préférée. Outre des fins strictement pastorales, les réécritures répondent à des desseins plus profanes. La question de l’identité est au cœur de l’étude : identité royale, car plusieurs légendes ne se privent pas de valoriser l’institution royale, précisément au moment où celle-ci est en difficulté, dans le contexte de la guerre de Cent ans et de l’arrivée au pouvoir compliquée des Valois. Identité locale, également, qu’il s’agisse de promouvoir un culte ou un sanctuaire, de valoriser un diocèse ou, plus largement, de célébrer une Église locale mise à mal par l’autoritarisme et la centralisation pontificale. Les réécritures hagiographiques en français permettent ainsi d’asseoir une identité collective, en même temps qu’elles répondent au souci de personnalisation exprimé par les croyants de la fin du Moyen Âge.