Thèse soutenue

Usages métalinguistiques chez les enfants bilingues francais-norvégiens. Transferts interlinguistiques et compétences métasyntaxiques en compréhension écrite. Perspectives psycho-sociolinguistiques

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Auteur / Autrice : Sébastien Lucas
Direction : Mehmet-Ali Akıncı
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage - linguistique
Date : Soutenance le 02/06/2021
Etablissement(s) : Normandie
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Normandie Humanités (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire dynamique du langage in situ (Mont Saint Aignan, Seine-Maritime ; 2017-.....)
Etablissement de préparation de la thèse : Université de Rouen Normandie (1966-....)
Jury : Président / Présidente : Régine Delamotte-Legrand
Examinateurs / Examinatrices : Mehmet-Ali Akıncı, Christophe Parisse, Anne Salazar Orvig, Anne-Sophie Besse, Eva Thue Vold
Rapporteurs / Rapporteuses : Christophe Parisse, Anne Salazar Orvig

Résumé

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Depuis plus d’un siècle, la recherche s’est intéressée à l’acquisition bilingue du langage (Ronjat, 1913 ; Volterra & Taeschner, 1978 ; De Houwer, 1990, 2009 ; Tabouret-Keller, 2011, pour une revue) et, plus récemment, aux facteurs intervenant dans le développement de capacités métalinguistiques chez les enfants bilingues, notamment dans le domaine de la syntaxe (Davidson et al., 2010 ; Simard et al., 2011 ; Carrey Siu & Connie Ho, 2020, par exemple). D’une part, certains constatent l’influence de transferts interlinguistiques sur les capacités métasyntaxiques des bilingues (Foursha-Stevenson & Nicoladis, 2011). D’autre part, la recherche suggère que les politiques linguistiques familiales influencent le développement de la conscience métalinguistique chez les enfants bilingues (King & Fogle, 2013).Dans une perspective transdisciplinaire sociocognitive associant psycholinguistique et sociolinguistique, cette recherche s’intéresse à la manifestation de la conscience et des compétences métasyntaxiques chez des enfants franco-norvégiens âgés de 9/10 ans. Sa problématique est de savoir si leur bilinguisme influence le mode d’organisation, l’accès et l’usage de leurs compétences métasyntaxiques en situation de compréhension écrite ; et si oui, comment. Pour ce faire, une méthodologie mixte a été utilisée. Les données ont été collectées avec la participation de 33 couples mixtes et leur enfant bilingue franco-norvégien. Les enfants sont scolarisés à l’école française d’Oslo au CM2 et les parents déclarent utiliser la stratégie « une personne-une langue » avec leur enfant. Pour collecter des données sur les transferts, les enfants ont passé un test de jugement de grammaticalité écrit en français et comportant des erreurs dues au calque syntaxique norvégien puis, 13 d’entre eux ont passé un entretien semi-directif dans lequel ils ont expliqué leurs réponses. Un groupe composé d’enfants uniquement exposé au français depuis leur naissance a aussi passé le test en France. Par ailleurs, pour collecter des données sur les politiques linguistiques parentales, chaque parent a répondu à un questionnaire. Les réponses au test ont été croisées à la fois avec les données du questionnaire parental et celles des entretiens avec les enfants.Les résultats du test montrent l’existence de transferts syntaxiques quand les erreurs viennent de l’usage d’une préposition. Les discours métasyntaxiques des enfants confirment ce résultat et indiquent que les pratiques langagières familiales et les discours scolaires influencent les compétences métasyntaxiques qui sont aussi affaiblies par les transferts interlinguistiques. Ils influent également le degré de conscientisation, selon qu’elle est métasyntaxique, interlinguistique ou plurilingue. La conscientisation métasyntaxique de l’enfant s’observe en discours dans les chevauchements des temps cognitivo-linguistiques et par un ralentissement de l’actualisation des énoncés explicatifs dû aux ratages de la parole. Au sujet des politiques linguistiques familiales, les résultats indiquent que plus le couple utilise la stratégie « une personne-une langue », meilleures sont les compétences métasyntaxiques. Par ailleurs, les résultats montrent des associations entre le niveau de compétences métasyntaxiques et la composition du couple, les représentations du couple à propos des contacts de langues, les pratiques correctives parentales du parler bilingue enfantin et le fait que, pour les parents norvégiens, si leur enfant sépare bien les langues, il les maitrise mieux.