Thèse soutenue

Développement de stratégies alternatives pour l'élimination des filarioses en Afrique centrale

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Auteur / Autrice : Jérémy Campillo
Direction : Sébastien BertoutCédric Chesnais
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Soutenance le 08/11/2021
Etablissement(s) : Montpellier
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : TransVIHMI, UMI 233 IRD (Montpellier)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Sébastien Bertout, Cédric Chesnais, Joseph Kamgno, Antoine Berry, Michel Boussinesq, Éric Caumes, Jacques Chandenier, Laurence Lachaud
Rapporteurs / Rapporteuses : Joseph Kamgno, Antoine Berry

Résumé

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L'onchocercose et la filariose lymphatique sont toutes les deux des parasitoses faisant l'objet de programmes de lutte visant leurs éliminations en Afrique centrale. Ces programmes reposent sur l'administration massive de médicaments à toute la population vivant en zone d'endémie. Le choix des médicaments utilisés repose sur l’endémicité de l’onchocercose et de la filariose lymphatique. Ainsi, l'ivermectine est utilisée dans les zones où seule l'onchocercose est endémique tandis que l'association ivermectine et albendazole est utilisée dans les zones où la filariose lymphatique et l’onchocercose sont coendémiques.Ces traitements doivent être répétés car ils tuent le stade larvaire du parasite, les microfilaires, mais pas les vers adultes. Ces programmes de lutte sont, sans aucun doute, une réussite mais la lutte continue. Une problématique qui se pose actuellement est l’utilisation d'ivermectine dans les zones où une autre filariose, la loase, est également endémique. En effet, les sujets ayant une forte densité microfilarienne à Loa loa dans le sang sont à risque d'effet secondaire grave post-ivermectine. Bien que le rapport bénéfice/risque des traitements de masse par ivermectine reste acceptable dans ces zones lorsque l’onchocercose ou la filariose lymphatique sont méso-hyperendémiques, il ne l'est pas en lorsqu’elles sont hypoendémiques. Afin d’interrompre la transmission de la filariose lymphatique et de l’onchocercose, il est primordial de mettre en place des stratégies alternatives efficaces et sûres permettant de lutter contre ces filarioses dans les régions où elles sont hypoendémiques et coendémiques pour la loase et d’accélérer la lutte contre ces filarioses dans les régions où elles sont méso- ou hyperendémiques et coendémiques pour la loase. Enfin, pour parvenir à traiter ces zones, il semble important de mieux comprendre la loase, jusque-là ignoré par les programmes de santé publique.Ces travaux apportent de nouveaux éléments concernant l’évaluation d’une stratégie alternative déjà existante : l’administration semi-annuel d’albendazole contre la filariose lymphatique dans les zones où la loase est endémique. La valeur ajoutée du maintien d’une bonne observance thérapeutique aux programmes d’administration de masse d’albendazole a été évaluée.Ces travaux rapportent également les résultats d’un essai clinique portant sur l’utilisation du lévamisole pour diminuer la microfilarémie à Loa loa en dessous du seuil d’apparition des effets secondaires graves post-ivermectine, et ainsi permettrait l’administration sûre d’ivermectine à l’ensemble de la population dans le cadre des programmes de lutte.De nouvelles pistes de recherche ont également été étudiées : l’effet prophylactique de l’ivermectine qui pourrait avoir un intérêt dans le cadre de l’accélération de la lutte par mise en place de traitements de masse plus fréquents et en tant que chimioprophylaxie préexposition à destination des voyageurs et des expatriés.L’utilisation de lévamisole dans la prise en charge de la loase ou de l’ivermectine en chimioprophylaxie pour l’onchocercose nécessite d’évaluer précisément la sécurité d’emploi de ces molécules. Nous avons ainsi conduit deux études de pharmacovigilance à partir de la base mondiale de pharmacovigilance de l’OMS.Enfin, concernant la loase, nous avons étudié et modélisé la périodicité journalière, la variabilité à court terme et à long terme ainsi que la variabilité diagnostique de la microfilarémie sanguine permettant de mieux comprendre le parasite et donc d’apporter des éléments qui seront utiles dans les interventions cherchant à évaluer de nouvelles stratégies alternatives pour prendre en charge les zones d’endémie pour la loase.