Thèse soutenue

La coopétition multilatérale pour l'innovation

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Auteur / Autrice : Audrey Rouyre
Direction : Anne-Sophie Fernandez
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de gestion et du management
Date : Soutenance le 22/11/2021
Etablissement(s) : Montpellier
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Economie Gestion de Montpellier (2015-.... ; Montpellier)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Montpellier Research in Management
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Anne-Sophie Fernandez, Rachel Bocquet, Pierre Dussauge, Frédéric Le Roy, Xavier Castañer
Rapporteurs / Rapporteuses : Rachel Bocquet, Pierre Dussauge
DOI : 10.70675/ecb860ffz28a9z4e92zb7eez63b6dbb3bdd5

Mots clés

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Résumé

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La thèse a pour vocation de comprendre les spécificités du management des relations de coopétition multilatérale pour l’innovation. Les recherches actuelles montrent que la coopétition bilatérale peut être bénéfique pour l’innovation tout en étant risquée et créatrice de tensions coopétitives, désastreuses si elles ne sont pas managées. Néanmoins, aujourd’hui, le développement d’innovation demande des ressources et des connaissances de plus de deux concurrents. Les entreprises sont poussées à collaborer avec de multiples concurrents. La coopétition devient alors multilatérale. Alors que ce phénomène représente un objet de recherche unique, la littérature existante n’offre pas de réponses satisfaisantes pour comprendre et appréhender ses spécificités. La thèse vise à répondre à la problématique suivante : comment manager des relations de coopétition multilatérale pour l’innovation ? En s’appuyant sur la littérature sur la coopétition, les alliances et les réseaux, la thèse propose de définir la coopétition multilatérale pour l’innovation comme objet de recherche. Trois types de coopétition multilatérale sont proposés : la coopétition trilatérale, la coopétition multilatérale avec un nombre restreint de concurrents et les réseaux coopétitifs. Chaque type de coopétition fait l’objet d’une question de recherche spécifique. Une démarche qualitative et exploratoire basée sur la méthode de l’étude de cas enchâssée est choisie. La thèse, construite sur le format de la thèse sur articles, repose sur quatre études de cas approfondies et longitudinales de trois projets d’innovation entre concurrents dans l’industrie aérospatiale européenne. Le projet MTG est le développement de la troisième génération de satellites météorologiques et illustre le cas de la création d’une innovation incrémentale entre trois concurrents (ADS, TAS et OHB). Le projet Galileo est la construction d’un système de positionnement par satellites et concerne le développement d’une innovation radicale entre cinq puis trois concurrents. Enfin, le projet Cleansky est un réseau co-orchestré par douze concurrents afin de développer de nouvelles technologies et incarne le développement d’innovations révolutionnaires dans un réseau coopétitif. Les quatre articles explorent l’émergence de tensions coopétitives spécifiques et leur management. En fonction du nombre de concurrents impliqués, les résultats diffèrent. Les études de cas montrent que les risques d’opportunisme, de pillage et mauvaise appropriation des connaissances sont présents dans la coopétition bilatérale mais semblent être plus élevés au-delà de la dyade. L’augmentation du nombre de concurrents génère des risques additionnels comme des risques de coalition, des jeux de pouvoir et des risques de tricherie dissimulée. Les risques étudiés donnent naissance à des tensions coopétitives élevées. La préexistence de la concurrence entre les coopétiteurs fait émerger des tensions élevées sur le partage et la protection des connaissances, sur la création et l’appropriation de la valeur, sur l’intégration de systèmes complexes et sur l’orchestration. Pour assurer le succès du projet, un management des tensions coopétitives spécifique à la coopétition multilatérale pour l’innovation est mis en avant. La thèse montre les limites du principe de séparation, la nécessité de mettre en place des équipes-projets spécifiques (communes temporaires et/ou pyramidales centralisées par un acteur tiers), l’importance de s’appuyer sur un management et une gouvernance hybride qui combine des mécanismes de gestion contractuels et relationnel, ainsi que le besoin d’orchestrer la relation. La thèse mobilise la littérature sur la coopétition et sur les alliances, et ambitionne de contribuer aux connaissances existantes. Les résultats obtenus proposent des implications managériales et offrent de nouvelles perspectives de recherches sur le management de la coopétition multilatérale pour l’innovation.