Thèse soutenue

Caractérisation de la sensibilité au stress et détermination des moyens de remédiation par stimulations cognitives et cérébrales

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Auteur / Autrice : Sophie Schlatter
Direction : Aymeric GuillotUrsula Debarnot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Neurosciences Comportementales
Date : Soutenance le 18/10/2021
Etablissement(s) : Lyon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Interdisciplinaire Sciences-Santé (Villeurbanne ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : établissement opérateur d'inscription : Université Claude Bernard (Lyon ; 1971-....)
Laboratoire : Laboratoire interuniversitaire de biologie de la motricité (Saint-Etienne ; Lyon ; Chambéry ; 2016-....)
Jury : Président / Présidente : Stéphanie Mazza
Examinateurs / Examinatrices : Sonia Lupien, Sonia Pellissier, Sidney Grosprêtre, Jean-Jacques Lehot, Marion Trousselard
Rapporteurs / Rapporteuses : Sonia Lupien, Sonia Pellissier

Mots clés

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Résumé

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Le stress survient lorsque les exigences d’une situation dépassent la capacité d'adaptation individuelle. Le stress est une cause majeure d’invalidité due à ses effets néfastes sur les fonctions exécutives et ses complications sur la santé psychique et physique. Notre approche pluridisciplinaire s’ancre dans la continuité des récents travaux questionnant ses impacts, les outils de remédiation, et les sensibilités individuelles au stress. Le 1er objectif de cette thèse était de déterminer l’impact d’un stress aigu sur les capacités d’imagerie motrice (études 1, 2). Nos résultats montrent un maintien des capacités explicites et une détérioration des capacités implicites pendant et suite à un évènement stressant. Le 2nd objectif était de caractériser la période d’anticipation d’un évènement stressant, pour cela nous avons créé et testé un nouveau protocole le Trier Social Anticipatory Stress Test (étude 3). Alors que peu de moyens d’action sont envisagés pour faire face au stress aigu, le traitement habituel d’un stress chronique repose principalement sur une prise en charge médicamenteuse et des thérapies comportementales. Ces traitements peuvent entraîner des effets secondaires, des résistances et souffrir d’une faible adhésion. Il est donc nécessaire de trouver de nouvelles approches non-invasives. Le 3ème objectif était d’explorer des techniques de remédiation du stress (études 3, 4, 5, 6). Nous avons comparé l’efficacité de 4 techniques de gestion émotionnelles administrées pendant un stress d’anticipation : respiration relaxante (RESPIRATION), rétrocontrôle biologique cardiaque (VFC-RETRO), stimulation cérébrale du cortex préfrontal dorsolatéral (STCC), VFC-RETRO couplé à la STCC (VFC-RETRO + STCC). Ces techniques ont été explorées au laboratoire et durant un stress professionnel médical (simulation de soins critiques). Nos résultats indiquent que les interventions ont des effets psychophysiologiques et comportementaux spécifiques. Hormis la STCC, elles sont toutes efficaces pour réduire le stress. Comparativement à une condition contrôle, 5 min de RESPIRATION permettent d’augmenter la relaxation subjective et objective durant l’anticipation. Lorsque la respiration est couplée à un VFC-RETRO, on observe une augmentation significativement plus importante de ces marqueurs. Comparativement à une condition contrôle, 15 min de VFC-RETRO augmentent la variabilité de la fréquence cardiaque et réduit le ressenti global de stress (études 3, 4). Un couplage VFC-RETRO + STCC permet de potentialiser ces effets, d’induire une relaxation immédiate et une réduction du stress global plus importante. Concernant les performances, la RESPIRATION et le VFC-RETRO permettent d’améliorer les ressentis subjectifs de performances (études 3, 4, 5, 6). L’impact positif objectif du VFC-RETRO sur les fonctions exécutives est confirmé uniquement lorsque le niveau de base des individus est pris en compte (étude 4). Ces résultats permettent d’envisager la mise en place de techniques de remédiation du stress à grande échelle, même si les réponses de stress font l’objet de variabilités interindividuelles qui doivent être considérées. Ainsi, le 4ème objectif était d’évaluer l’influence de la personnalité sur la sensibilité au stress et l’efficacité des techniques de gestion émotionnelle (étude 7). Nos résultats montrent que les traits de névrosisme, d’extraversion et le caractère consciencieux sont importants à prendre en compte. Nos études démontrent pour la première fois l’intérêt des interventions préventives de très courte durée, pour prévenir les réponses psychophysiologiques (VFC-RETRO + STCC > VFC-RETRO > RESPIRATION) et les détériorations cognitives fréquemment observées lors d’un stress aigu. Ces travaux ouvrent de nombreuses perspectives dans le traitement préventif et individualisé des maladies associées au stress.