Thèse soutenue

Vulnérabilité et autonomie alimentaire des espaces insulaires : une approche par scénarios démographiques pour évaluer les dynamiques du cheptel bovin allaitant à la Réunion

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Auteur / Autrice : Maximin Bonnet
Direction : Jean-François HoarauMatthieu Lesnoff
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 12/04/2021
Etablissement(s) : La Réunion
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences humaines et sociales (Saint-Denis, La Réunion ; 2010-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'économie et de management de l'océan Indien (Saint-Denis, Réunion)
Jury : Président / Présidente : Jean-Philippe Boussemart
Examinateurs / Examinatrices : Claire Aubron, Laurence Puillet, Emmanuel Tillard
Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Lescoat

Résumé

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Cette thèse propose une double approche économique et zootechnique de l’élevage allaitant à la Réunion. Malgré de fortes incitations politiques à son développement, ce secteur voit aujourd’hui son rôle dans le développement rural remis en question. Pour répondre à ces controverses, nous avons conduit une étude de la contribution du secteur de la viande bovine à la réduction de la vulnérabilité économique structurelle. Pour ce faire, nous avons montré dans un premier temps que la dépendance alimentaire est un facteur de vulnérabilité important pour les petits espaces insulaires. Nous nous sommes appuyés sur la construction d’un indice composite de vulnérabilité construit grâce à une méthode de pondération endogène pour des questions de robustesse. Dans un second temps, nous avons cherché à identifier les filières agricoles les plus à même de réduire la dépendance alimentaire de la Réunion. La filière bovine allaitante est apparue comme la plus prometteuse du fait de sa forte structuration, de sa capacité à valoriser des ressources locales et de la possibilité de gagner des parts de marché dans une logique de substitution des importations. Nous avons ensuite conduit une étude des déterminants de la dynamique passée du secteur de la viande bovine à la Réunion. Nous avons mis en évidence que cette production répond principalement à des déterminants économiques qui, par l’intermédiaire de décisions des éleveurs, ont entraîné une dégradation des performances zootechniques des animaux. Nous avons également montré comment la réaction de la coopérative face à cette situation a permis de relancer la croissance du cheptel et de la production. Par la suite, nous nous sommes intéressés aux paramètres influençant la productivité du cheptel allaitant réunionnais par la construction et l’analyse d’un modèle démographique. Nos résultats ont montré que les performances de reproduction et de croissance sont les plus importantes pour augmenter la productivité. À partir de ces éléments, nous avons construit des scénarios d’évolution en collaboration étroite avec la coopérative. Ces scénarios ont en particulier intégré des éléments sur l’amélioration des performances des animaux, des changements de pratiques des éleveurs et des changements dans l’organisation de la production au niveau de la coopérative. Nous avons montré que l’amélioration des performances, le rajeunissement du troupeau, l’introduction d’insémination artificielle sexée et l’engraissement à l’herbe sont des moyens de développement de la filière allaitante réunionnaise. Notre thèse donne des arguments pour reconsidérer le rôle de l’agriculture dans la vulnérabilité économique structurelle de la Réunion et démontre l’intérêt du développement de l’élevage allaitant pour réduire cette vulnérabilité. Elle présente également des pistes de réflexion pour les décideurs et les acteurs du terrain dans l’objectif d’augmenter la production de viande bovine à la Réunion. Elle constitue une étude approfondie des raisons et des moyens du développement de la filière bovine allaitante à l’échelle d’un territoire insulaire tropical.