Thèse soutenue

Le droit de compter : les livres de comptes et de mémoires des femmes (Florence, XVe-XVIe siècle)

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Auteur / Autrice : Serena Galasso
Direction : Mathieu ArnouxLaura Casella
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et Civilisations
Date : Soutenance le 07/12/2021
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Giuliano Milani
Examinateurs / Examinatrices : Giuliano Milani, Cécile Caby, Isabelle Chabot
Rapporteurs / Rapporteuses : Cécile Caby, Isabelle Chabot
DOI : 10.70675/2b18fd40zcab8z4049zb195z815938b961bd

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Le contexte urbain florentin de la fin du Moyen Âge apparaît comme une société patrilinéaire parmi les plus rigides de l’Italie centro-septentrionale. Depuis la fin des années 1980, la capacité d’agir des femmes de l’élite marchande a tout particulièrement fait l’objet de nombreux débats historiographiques. Radicalement écartées de la succession paternelle et de la mémoire lignagère, asservies aux stratégies matrimoniales de leurs familles, marginalisées dans le monde de l’écrit, les Florentines sembleraient avoir bénéficié de bien peu de marge d’action. Ce travail vise à ajouter une nouvelle pièce au tableau déjà dressé, proposant l’analyse d’une documentation inédite et jusqu’à présent totalement inexplorée : les livres de gestion et de ricordanze tenus par/pour les femmes de l’élite urbaine florentine. Présentant les résultats d’un recensement mené dans plusieurs archives privées de la noblesse toscane, ce travail montre que cette pratique d’enregistrement et de mémoire n’était pas un monopole masculin. Pendant leur vie matrimoniale et plus souvent, pendant leur veuvage, les femmes du patriciat marchand tenaient des livres privés pour administrer des biens familiaux, surveiller des richesses personnelles et consigner tous les actes utiles à leur gestion. Par le biais de l’écrit, elles négociaient leurs rôles au sein de la parenté, protégeaient leurs intérêts en déjouant les normes de la succession patrilinéaire et contribuaient activement à la production de la mémoire familiale. L’observation minutieuse de la matérialité de leurs registres permet de remonter aux savoirs nécessaires à la tenue des comptes et aux gestes qui en rythmaient les usages quotidiens, entre l’espace domestique et le marché urbain. En analysant un type d’écrit pragmatique peu valorisé par le discours lignager, cette recherche peut, enfin, mettre en lumière le caractère composite et articulé de la mémoire écrite de la famille.