Thèse soutenue

Propriétés subcellulaires et dynamique à l'échelle de l'embryon gouvernant la morphogenèse

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Auteur / Autrice : Alphy John
Direction : Matteo Rauzi
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de la vie et de la santé
Date : Soutenance le 15/09/2021
Etablissement(s) : Université Côte d'Azur
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la vie et de la santé (Nice ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : établissement de préparation : Université Côte d’Azur (2020-....)
Laboratoire : Institut de biologie Valrose (Nice)
Jury : Président / Présidente : Florence Besse
Examinateurs / Examinatrices : Florence Besse, Eric Wieschaus, Natalie Dye, Raymond Keller, Carl-Philipp Heisenberg
Rapporteurs / Rapporteuses : Eric Wieschaus, Natalie Dye
DOI : 10.70675/21f25390z15fbz44d8z9e01z5b1e1f151aee

Résumé

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La morphogenèse est le processus de remodelage du zygote, la cellule œuf fécondée, qui permet d’obtenir la forme finale de l’animal. Chez l’embryon, les combinaisons de profils d’expression génique déterminent les axes de symétrie du corps et établissent les coordonnées spatiotemporelles de spécification des cellules. Ces profils affectent aussi l’organisation des composants du cytosquelette pour réguler la morphogenèse des tissus. Tandis qu’un travail important a été réalisé pour comprendre comment les motifs d’expression génique antéro-postérieur (AP) et dorso-ventral (DV) contrôlent indépendamment la morphogenèse, on en sait toujours peu sur l’impact du croisement de ces motifs. Nous utilisons l’embryon de drosophile comme modèle et nous concentrons sur le processus de repliement tissulaire, un processus vital pour l’animal. Des anomalies de repliement peuvent en effet altérer la neurulation chez les vertébrés et la gastrulation chez l’ensemble des animaux organisés en trois feuillets primordiaux. Les études passées ont montré qu’un réseau d’actomyosine, couvrant la surface médiale-apicale des futures cellules mésodermiques, et sous le contrôle du motif d’expression génique DV, joue un rôle clé dans l’invagination du mésoderme. Néanmoins, les preuves expérimentales et théoriques ont plaidé contre la constriction apicale comme seul mécanisme responsable de l’invagination. Dans cette étude, j’ai mis à jour un réseau jonctionnel sous contrôle des profils d’expression génique AP et DV. Ce réseau contractile génère une tension le long de l’axe apico-basal des cellules et dans le plan du tissu, initiant l’intercalation des cellules à 10-15 μm à l’intérieur de l’épithélium mésodermique. Les forces latérales dans les cellules mésodermiques semblent jouer un rôle à la fois dans l’extension du mésoderme et dans l’invagination. Pour conclure, à travers l’implémentation de microscopie à feuillet de lumière 4D, d’ablation infrarouge femtoseconde pour perturber le cytosquelette et d’optogénétique pour contrôler synthétiquement la morphologie tissulaire, ce travail montre sous un jour nouveau l’origine et les fonctions d’un mécanisme inédit responsable de l’élongation et du repliement coordonnés du tissu.