Thèse soutenue

Le processus de négociation dans la clinique psychanalytique : L'abîme du non-rapport médiatisé dans un atelier de musicothérapie

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Selim Sami
Direction : Jean-Michel Vives
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance le 13/11/2021
Etablissement(s) : Université Côte d'Azur
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'anthropologie et de psychologie cliniques, cognitives et sociales (Nice ; 2016-)
Jury : Président / Présidente : Michèle Benhaïm
Examinateurs / Examinatrices : Bernard Sève, Olivier Douville, Frédéric Vinot
Rapporteurs / Rapporteuses : Michèle Benhaïm, Mário Eduardo Costa Pereira

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

La thèse aborde une nouvelle perspective de recherche considérant l’instrument de musique comme un outil privilégié du processus de médiatisation du transfert entre les patients et le musicothérapeute. Ce processus intervient dans le cadre des ateliers de musicothérapie destinés à des patients psychotiques hospitalisés en psychiatrie. Cette approche se distingue donc de la stratégie thérapeutique classique, soutenue notamment par Édith Lecourt, dans laquelle le patient est dans une position passive et la musique produite en groupe a pour fonction de couvrir les voix qui le persécutent. Nous proposons, à l’inverse, un dispositif d’improvisation dans lequel le patient est dans une position active qui l’autorise à aller au contact de ces dernières. Sur cette base, nous posons que le rapport à l’instrument exige un temps d’accordage du fait que ce rapport soit confronté à un impossible : celui imposé par les limites du corps de l’instrumentiste mais aussi ceux organologiques de l’instrument. Partant de là, nous faisons l’hypothèse qu’un dispositif musicothérapeutique, dont la règle fondamentale est l’improvisation, balise la possibilité de faire de ce temps d’accordage la scène d’une négociation entre le psychotique et ses vociférations surmoïques. Ces dernières s’exprimant sous forme de rythmiques plus ou moins appuyées. L’enjeu de ce travail consiste à définir ce processus de négociation au prisme de la théorie psychanalytique. Dans le cadre de notre clinique, nous définissons ce dernier comme le processus par lequel le psychotique, du fait du ratage propre au rapport à l’instrument, tente de répondre à l’appel énigmatique, voire surmoïque (« jou(i)e ! »), qui lui vient du lieu de l’instrument. Selon cette perspective, l’enjeu du dispositif de musicothérapie est donc de créer les conditions permettant aux patients de faire l’expérience d’une possible renégociation de ce qui ne s’est pas passé dans l’accès au symbolique. Et cela, sans succomber dans l’abîme de l’accusation surmoïque. Ce faisant, le dispositif musicothérapeutique visera à tenter des réponses inédites face aux symptômes des patients, en créant un nouveau type de rapport à l’objet (instrument de musique).