Les espaces du possible dans les vidéoclips de la cumbia et du folklore digital latino-américain : Modernités alternatives, esthétiques de l’hybridité
| Auteur / Autrice : | Diego Alonso-Arévalo |
| Direction : | Jean-Paul Aubert |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Langue, littérature et civilisation espagnoles |
| Date : | Soutenance le 13/10/2021 |
| Etablissement(s) : | Université Côte d'Azur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire interdisciplinaire Récits Cultures et Sociétés. UPR 3159 (Nice ; 2012-....) - Laboratoire Interdisciplinaire Récits- Cultures et Sociétés / LIRCES |
| Jury : | Président / Présidente : Jean-François Trubert |
| Examinateurs / Examinatrices : Ruth Piquer Sanclemente, Eduardo Viñuela Suárez | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Teresa Fraile Prieto, Lionel Souquet |
Mots clés
Résumé
Depuis le début du nouveau siècle, on assiste dans toute l’Amérique latine à l’émergence d’un courant musical où les traditions populaires et folkloriques autochtones sont réinterprétées et réactualisées à travers le prisme de la musique électronique. Dans des villes comme Buenos Aires ou Lima, des scènes locales alternatives se sont développées autour de ces expérimentations musicales, menées par de jeunes DJs et des producteurs électroniques qui se situent dans la confluence entre tradition et modernité. Ces artistes se sont tournés d’abord vers la cumbia, un genre d’origine colombien associé aux classes populaires et migrantes partout dans le continent, pour entamer ses premières tentatives d’hybridation avec les sons électroniques. La cumbia digitale, le genre le plus représentatif de ce nouveau folklore latino-américain du XXIe siècle, a suscité très tôt l’intérêt du public tant à l'intérieur qu’à l'extérieur du continent, s’incorporant ainsi à la nouvelle constellation toujours grandissante de nouvelles musiques issues du Sud global qui a reçu le nom de world music 2.0. À la fois témoignant d’un désir de cosmopolitisme et d’un souci d’ancrage dans l’espace culturel latino-américain, ces musiciens affichent avec audace une forme propre de modernité qui cherche à s’affranchir des schémas eurocentrés. Outre leurs innovations musicales, les artistes de la cumbia et le folklore digital se sont appuyés depuis le début sur une forte dimension visuelle. Plus particulièrement, les vidéoclips de ces musiciens ont joué un rôle central dans la construction de représentations audiovisuelles hybrides, marquées par la cohabitation de références locales et globales, où l’ancestral côtoie le futuriste, un imaginaire complexe et foisonnant qui rend compte des tensions et des contradictions de l’Amérique latine contemporaine. Dans ce contexte, cette thèse vise à étudier les manières dont les vidéoclips de cumbia et folklore digital articulent des expressions d’une modernité latino-américaine alternative. Quelles sont les formes esthétiques privilégiées dans ce type de productions audiovisuelles et comment ces artistes s'en servent-ils pour construire leurs imaginaires ? Dans quelle mesure contribuent-elles à satisfaire ou subvertir les attentes d’exotisme de leur public international ? Comment l’avènement du numérique et de plateformes comme YouTube a-t-il multiplié les possibilités de création et de diffusion de ces représentations ? Nous soutenons que ces productions audiovisuelles sont porteuses d'un potentiel utopique et émancipateur, ouvrant des espaces du possible pour la construction de nouveaux imaginaires et identités latino-américains. Les formes et les modes de représentation qu'ils mobilisent s’inscrivent ainsi dans une quête d'autonomisation qui dépasse le simple choix esthétique. En analysant ces vidéoclips, nous comptons démontrer que la cumbia et le folklore digital offrent un vaste terrain d'expérimentation pour imaginer et pour fabriquer des visions d’un monde nouveau.