Thèse soutenue

Contexte sanitaire et situation épidémiologique de la Guyane vis-à-vis des cancers : comparaisons infrarégionales, nationales, internationales et Spécificités

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Auteur / Autrice : Laure Manuella Imounga
Direction : Mathieu NacherPierre Couppié
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Recherche clinique, Innovation technologie, Santé publique
Date : Soutenance le 16/12/2020
Etablissement(s) : Guyane
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Diversités, santé et développement en Amazonie (Cayenne)
Jury : Président / Présidente : Antoine Adenis
Examinateurs / Examinatrices : Clarisse Joachim, Jean-Pierre Droz
Rapporteurs / Rapporteuses : Jérôme Fayette, Moustapha Dramé
DOI : 10.70675/206d98a4z4949z45d5zb57dzc426154c4541

Résumé

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Cette étude avait pour but de connaître la situation épidémiologique de la Guyane vis-à-vis du cancer entre 2005 et de 2014 en termes d’incidence et de mortalité, d’étudier l’évolution de ces indicateurs, de les comparer avec premièrement avec ceux de la France hexagonale sur l’année 2012 afin de mettre en en exergue les spécificités de la Guyane et de comparer ensuite ces dernières avec les Antilles et les pays de l’Amérique latine. Les bases de données du Registre des Cancers de Guyane et du CépiDC-INSERM nous ont permis de comptabiliser 4392 cas nouveaux cas et 1305 décès par cancers survenus en Guyane entre 2005 et 2014 et de mettre en évidence une sur-incidence et une surmortalité masculines tous cancers confondus. Chez l’homme, les cancers les plus fréquents et les plus mortels sur la période 2005-2014, par ordre d’importance dans la mortalité sur la période d’étude étaient : la prostate, le poumon, l’estomac, le foie, le côlon-rectum ainsi que le pancréas. Chez la femme, il s’agissait des cancers du sein, du col de l’utérus, du côlon-rectum, du poumon, de l’ovaire ainsi que du cancer de l’estomac. L’analyse tous cancers a montré que la situation épidémiologique vis-à-vis du cancer entre 2005 et 2014 était globalement plus favorable en Guyane par rapport à celle de la France hexagonale en 2012 avec une sous-incidence et une sous-mortalité tous cancers. Toutefois, les cancers et les décès par cancers survenaient beaucoup plus tôt en Guyane avec des médianes d’âge au diagnostic et au décès globalement inférieures à celles de la France hexagonale. En outre, le sexe ratio homme/femme était semblable pour l’incidence dans les deux territoires comparés et inférieur en Guyane par rapport à l’Hexagone en termes de mortalité, soit un écart plus réduit entre les hommes et les femmes en Guyane qui suggère une situation sanitaire vis-à-vis des cancers chez les femmes de la Guyane plus défavorable par rapport à celles de l’Hexagone. Entre 2005 et 2014* (*2012 pour l’Hexagone), l’incidence tous cancers étaient en baisse chez l’homme et en légère hausse chez la femme dans les deux territoires. Sur ces mêmes périodes, la mortalité par cancer était en recul chez l’homme et en légère augmentation chez la femme en Guyane alors que l’incidence et la mortalité sont en baisse en France hexagonale. Certains cancers en Guyane étaient en hausse par rapport à l’Hexagone (poumon, côlon-rectum, sein, thyroïde, myélome multiple et plasmocytome).A travers l’analyse par principales localisations tumorales, nous avons pu montrer que la Guyane présentait d’énormes disparités communales d’une part et des spécificités par rapport à l’Hexagone, d’autre part, avec certains cancers sur-représentés en termes d’incidence et de mortalité (prostate, estomac, col de l’utérus, myélome multiple et plasmocytome avec une inversion du sexe ratio pour cette dernière localisation). L’analyse comparative de ces cancers entre la Guyane, les Antilles françaises et l’Amérique du sud a révélé des profils épidémiologiques similaires avec certains pays de l’Amérique latine notamment pour les cancers du col de l’utérus et de l’estomac.Ces spécificités reflètent les multiples particularités de la Guyane : jeunesse, inégalités sociales, composition ethnique, climat, plus grande sédentarité et obésité, moindre consommation d’alcool et de tabac, carences…autant de facteurs qui façonnent le risque de cancer. Cette étude cadre avec les exigences du Plan Cancer en vigueur en France depuis 2003 et ses résultats pourront servir à mettre en place des actions de prévention et de prise en charge thérapeutique des cancers en Guyane. Elle mérite d’être approfondie par des études sur le stade au diagnostic et la survie des cancers pour avoir un plus large panorama de la situation épidémiologique en Guyane.