Thèse soutenue

Le Moniage Guillaume long. Édition critique. Modèles narratifs, modèles de culture

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Auteur / Autrice : Giulio Martire
Direction : Fabio ZinelliMassimo Bonafin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire, langue, littérature françaises et romanes
Date : Soutenance le 08/04/2020
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres en cotutelle avec Università degli studi (Macerata, Italie)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Établissement de préparation de la thèse : École pratique des hautes études (Paris ; 1868-....)
Laboratoire : Savoirs et Pratiques du Moyen Âge au XIXe siècle (Paris)
Jury : Président / Présidente : Salvatore Luongo
Examinateurs / Examinatrices : Fabio Zinelli, Massimo Bonafin, Salvatore Luongo, Marco Infurna, Giovanni Palumbo
Rapporteurs / Rapporteuses : Marco Infurna, Giovanni Palumbo

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Mots clés libres

Résumé

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Ce travail consiste en une vue multiperspective sur le Moniage Guillaume long, chanson de geste composée dans le dernier quart du XIIe siècle et transmise par 7 manuscrits. Cette thèse est divisée en trois sections : 1) étude philologique ; 2) édition critique, annexe et glossaire ; 3) étude des systèmes narratifs et des modèles de culture, qui émergent dans les deux branches principales de l’œuvre (Moniage ‘proprement dit’ et branche d’Ysoré). La première section est divisée en trois chapitres : Dans le premier, j’ai cherché de souligner les problèmes liés au rapport entre le Moniage Guillaume long (MGl) et le Moniage Guillaume bref (MGb). L’étude se poursuit avec une description des manuscrits qui transmettent le MGl et ensuite avec une présentation de la recensio, suivie par la proposition d’un nouveau stemma codicum, assez différent de celui disposé par le premier éditeur de cette chanson (W. Cloetta, 1906-1911). Une étude de la versification du poème achève le chapitre. Dans le deuxième chapitre, on introduit l’édition critique. D’abord, la discussion critique des deux précédentes éditions du MGl (Cloetta, Andrieux-Reix 2004), toutes les deux dépassées du point de vue méthodologique. Les principes de ma nouvelle édition sont donc exposés : Je propose une reconstruction du ‘subarchtype/adaptation’ A. Par la suite, les critères de transcription et la structuration de l’apparat critique sont exposés. L’apparat est fortement novateur : complexe mais simple à décoder, il est organisé en trois sections. Dans la première, j’ai présenté les interventions correctrices sur le ms. A4 (mon ‘manuscrit de référence’). La deuxième section est divisée en deux ‘champs’, à gauche et à droit : le premier contient la varia lectio de l’entière tradition ; le deuxième montre les ‘macro-variantes’. En outre, le champ droit de l’apparat est lié au texte critique par un système de ‘réclames’ ; de cette manière, le lecteur sera, espère-t-on, orienté plus aisément, dans une sorte de ‘triangulation’ parmi le texte et les deux champs de l’apparat. Le troisième chapitre consiste en une étude du ms. A4 et il est composé d’un paragraphe codicologique, d’une étude des enluminures et d’une brève analyse linguistique. La deuxième section du travail comprend l’édition critique du MGl, suivie par une annexe et un bref glossaire. La troisième section vise à analyser les modèles narratifs de deux branches du poème (la première et la dernière, les deux indubitablement ‘originaires’). L’analyse est fondée sur base morphologique : j’ai essayé de souligner les isomorphies entre ces récits et le 'meta-plot' défini par V. Propp dans son Morphologie du conte. J’ai utilisé le schéma de Propp pour orienter mon analyse : à chaque rencontre avec des fonctions narratives, j’ai tenté de renforcer l’étude avec des dossiers anthropologiques, en soulignant, en plus, l'interconnexion parmi les dimensions historiques et historico-littéraires. Parmi les travaux de Propp, ma référence a été l’œuvre Les racines historiques du conte merveilleux. Dans la clôture du chapitre, j’ai étudié l’entrelacement des ‘modèles du carnaval’ et des ‘modèles rituels’ qui émergent de la première branche, tout comme les indicateurs de ‘familiarisation’ (Bachtin) dans les deux branches extrêmes. Le focus central a été le rôle ‘à deux tranchants’ de la représentation de la nourriture : élément de familiarisation et, au même temps, ‘relais objectale’ de lutte idéologique. À cet égard, certains épisodes ont été privilégiés : l’analyse de la bagarre conventuelle, qui achève la première branche, a donné le ton de la recherche. L’étude a été donc étendue à la rencontre entre Guillaume et les larrons et à la première expérience du héros au sein de l’abbaye (laisses VII-XVII).